Le séminaire d’évaluation des cycles électoraux a pris fin le16 avril dernier en présence des membres du gouvernement et des partenaires. De nombreuses recommandations ont été formulées et consignées dans un document remis au ministre de l’intérieur chargé des élections. Ce dernier a promis de le soumettre au gouvernement et de prendre en considération les propositions formulées.
Après trois jours de travaux consacrés à l’évolution des processus électoraux de 2023 à 2025, la cérémonie de clôture du séminaire s’est tenue jeudi dernier à Moroni. Dans son allocution, le ministre de l’intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a indiqué que les recommandations issues de ces échanges couvrent l’ensemble des étapes du processus, avec une attention particulière portée à la mise en œuvre de nouveaux droits, notamment ceux de la diaspora et des personnes vulnérables. « En substance, l’analyse a révélé des faiblesses sur le plan institutionnel et opérationnel dans la mise en œuvre des dispositions juridiques, liées à des moyens limités et à des ressources humaines peu qualifiées, ainsi qu’au non-respect des dispositions légales et réglementaires », a-t-il déclaré. Il a précisé que « les recommandations sont essentiellement axées sur la modernisation et la digitalisation des processus électoraux », notamment à travers la digitalisation de l’administration électorale, la révision et la modernisation du fichier électoral, l’instauration du vote électronique, l’adoption ou le parachèvement du cadre légal régissant le statut de l’opposition et celui du chef de l’opposition, ainsi que le renforcement de l’inclusion des jeunes, des femmes et des personnes à mobilité réduite.
Il est question de consolider les acquis démocratiques : « La trajectoire démocratique de notre pays au cours de ces 25 dernières années exige un sens de responsabilité partagé pour renforcer les acquis et enterrer définitivement les velléités d’accession au pouvoir par la force. Ceux qui ne souhaitent pas l’organisation des élections dans les délais constitutionnels doivent revoir leur position et se préparer sérieusement aux prochaines échéances, car il n’y aura pas de transition ». Il a également rappelé que les élections de 2029 approchent rapidement et nécessitent une préparation rigoureuse, au-delà des clivages politiques.
De son côté, le président du parti Swauti, Housni Mohamed Abdou, a relevé trois principales observations. D’abord une perte de confiance manifeste envers les institutions en charge des élections et du processus électoral. Selon lui, le gouvernement doit assumer pleinement ses responsabilités afin de garantir et restaurer la confiance des acteurs politiques et des citoyens. Il a souligné que ce séminaire constitue une opportunité importante pour enclencher cette dynamique, à condition que les recommandations soient effectivement suivies. Il a également appelé les partis de l’opposition à jouer leur rôle en participant activement à ce type de rencontres. Ensuite il a dénoncé « l’impunité insolente » des auteurs de troubles lors des scrutins. Selon lui, l’absence de sanctions renforce la méfiance des citoyens et compromet le climat de paix nécessaire aux élections. Il a toutefois salué l’action de l’Armée nationale de développement (AND), qui a sanctionné certains officiers après la crise post-électorale de 2024, tout en appelant les autorités civiles à suivre cet exemple.
Enfin, il a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention des crises ainsi que la sensibilisation des électeurs et des responsables électoraux à leurs droits et obligations. Il a plaidé pour des moyens supplémentaires afin de lutter contre les fraudes. Il a indiqué que trois recommandations majeures se dégagent des travaux en vue de la prochaine révision du code électoral : la révision du mode de désignation des membres de la CENI et de ses démembrements, celle des magistrats de la Cour suprême, notamment de la chambre électorale, ainsi que l’amélioration du processus de dépouillement, de tabulation et de proclamation des résultats, sans oublier la gestion du contentieux électoral. « Nous n’irons pas aux prochaines élections avec le format actuel des principaux organes en charge des élections », a-t-il affirmé.
Nassuf Ben Amad
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