L'imam Ahamada Mmadi Mohamed vient de regagner les Comores après avoir été expulsé de France avec sa famille. Quatre jours après son arrivée, son village natal Mdjoiezi Hambou a tenu une conférence de presse aux fins de permettre à dernier de relater ce qu’il s'est passé. Selon lui, la France n'a donné la preuve d’aucune atteinte aux droits de l'homme ni de l'enfant.
Quelles que soient les circonstances, mais on se sent mieux chez soi. C'est ce qu'on a constaté en écoutant Ahamada Mmadi Mohamed vendredi dernier. Cet imam expulsé de France a essayé de faire preuve de bravoure et dit ne pas regretter d'avoir été expulsé parce qu'il fait son devoir d'imam. Tout au long de ce face à face avec la presse, en aucun moment il n’a exprimé un regret. Au contraire, il se dit fier d'être près de sa mère après tant d'années qu'il ne l’a pas vue. « Avant de partir en France, j'ai enseigné dans les écoles publiques. Je suis parti en France en 2013, pour poursuivre mes études. J'ai eu une licence en éducation, puis au Maroc pour une formation d’imam. Et à mon retour en France, j’ai commencé à travailler en tant qu’imam dans une mosquée à Saint Chameau de Lyon », raconte-t-il.
Pour ce qui est de son expulsion en France, il a montré que c'était le 02 juillet 2021 jour de l'Aïd, quand il était en train de prêcher et qu’il a récité un versé du saint coran disant : « Ce jour là, j’ai dit ceci : « femmes musulmanes préservez votre sexe de ce qui est Haram et obéissez à votre époux surtout de veiller aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam jusqu'à la fin... ». Et la France particulièrement le ministre de l'intérieur aurait mal interprété ses propos en les qualifiant de discriminatoires et contraires aux principes et lois de la République », explique t-il, avant d’ajouter que « le 22 juillet, on m'a convoqué à la préfecture avec le chef de la mosquée, on nous a dit qu’une décision a été prise et que j’étais démis de mes fonctions d’imam et que mon séjour ne sera pas renouvelé. On m’a demandé de quitter le territoire. La préfecture m'a annoncé que je suis une menace de l'ordre public en France. Et je n'ai pas des moyens pour vivre en Franc ». Et de préciser : « Elle m'a fait croire que c'est la mosquée qui m'a démis de mes fonctions. Pourtant ce n'était pas vrai, j'avais un contrat de durée indéterminée et la mosquée ne m'a pas démis de mes fonctions ».
Devant la presse, il a révélé qu’on lui a confisqué son passeport et celui de sa femme. « Je devais aller pointer trois fois par semaine. Mes amis de la communauté musulmane ont engagé un avocat et le tribunal a refusé mon expulsion, car j'avais les dossiers permettant de rester. Mais c'est l'Etat, on ne peut rien faire. J'ai essayé de voir avec notre ambassade afin de trouver une solution en vain. Et comme on m'a confisqué mon passeport et celui de ma femme, et j'ai refusé de signer les papiers de mon extradition, c'est notre ambassadeur qui signé nos laisser passer », indique-t-il.
La suite on la connait. « On nous a mis dans l'avion le lundi 3 mai avec six agents de la gendarmerie jusqu'à Mayotte. Puis dans un bateau de clandestin avec ma femme et deux enfants de 3 ans et 6 mois jusqu'à Anjouan. On a pris l'avion vers la Grande Comore. Mon voyage était traumatisant, mes enfants ont eu peur. La France n’a pas fait preuve d'humanisme à notre égard. Pourtant, elle nous parle d'égalité, fraternité et solidarité. Même ma femme et mes enfants n'ont pas eu leurs droits », déplore t-il. Pour finir, ce dernier montre qu'il est fier. « On m'a expulsé de France parce que j'ai défendu l'islam ma religion. Hamdullah je suis fier », conclut-il, tout en remerciant sa femme d'être là pour lui et de l’avoir soutenu jusqu’au bout.
Nassuf Ben Amad
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