La Gazette

des Comores

FASCA-TAREH et Mon Rayon de Soleil misent sur la force du collectif

FASCA-TAREH et Mon Rayon de Soleil misent sur la force du collectif © : HZK-LGDC

À Mutsamudu, le monde associatif veut changer d’échelle. La convention signée entre Mon Rayon de Soleil et FASCA-TAREH ne se limite pas à un rapprochement institutionnel : « elle pose les bases » d’une coopération où l’expérience associative devient une matière première du développement, avec la jeunesse, la culture et l’environnement en première ligne.


Le monde associatif de Ndzouani veut parler d’une seule voix, sans gommer les différences, mais en les transformant en complémentarités. En septembre dernier, au siège d’AGEVOR, Mohamed Nafioun et Fatima Bacar ont scellé une convention de partenariat entre Mon Rayon de Soleil, association implantée en France, et la Fédération des associations d’Anjouan, FASCA-TAREH, basée à Mutsamudu. Près de 45 associations locales et de la diaspora se trouvent aujourd’hui dans l’orbite de cette fédération. Un potentiel considérable que cette convention entend transformer en capacité d’action. L’ambition affichée est large : désenclavement, promotion formelle de la culture, économie bleue et verte, protection de l’environnement et mobilisation de la jeunesse. Mais derrière ces secteurs se dessine surtout une méthode : faire de l’association un espace d’apprentissage et de transmission.

C’est l’un des axes les plus novateurs de cette dynamique : faire de l’expérience acquise dans le monde associatif une composante majeure de l’enseignement, avec une cible de 60% des apprentissages fondés sur les acquis du terrain. L’idée est simple : une association qui a appris à organiser, mobiliser, sensibiliser, gérer un projet ou défendre une cause possède déjà un savoir qu’il faut transmettre. La jeunesse ne doit donc pas seulement apprendre dans les salles de classe ; elle doit également apprendre auprès de ceux qui ont expérimenté, parfois dans des conditions difficiles, les réalités du terrain. Cette approche donne au partenariat une dimension presque pédagogique. Le monde associatif devient une école à ciel ouvert, capable de transmettre des compétences, des valeurs, des méthodes de travail et surtout une culture de responsabilité.

Ancien fonctionnaire des Nations unies et président d’honneur de Mon Rayon de Soleil, Mohamed Nafioun place cette démarche sous le signe du « dénominateur commun ». Pour lui, les différences de rang, de couleur ou de classe sociale ne doivent pas empêcher l’action collective : « Nous ne sommes pas obligés d’être amis, nous sommes obligés de travailler en concert pour la valeur identitaire de toutes les générations. » Une philosophie qui rejoint la volonté de FASCA-TAREH de rassembler davantage. Sa présidente du conseil d’administration, Fatima Bacar, appelle ainsi les associations à se fédérer afin de constituer « un balai solide ». L’image est parlante : isolée, chaque association dispose d’une force limitée ; réunies, elles peuvent peser davantage sur les enjeux de société.

Pour Faride Rachad, promoteur de la culture et directeur de la Culture, le potentiel rassembleur de FASCA-TAREH doit permettre de canaliser l’énergie des jeunes générations vers des activités utiles, créatives et structurantes. Mon Rayon de Soleil apporte pour sa part une identité fortement environnementale. Le traitement des déchets et la promotion de l’énergie solaire occupent une place centrale dans ses engagements. Nail Aboubacar, président de l’association, défend notamment l’idée d’installer dès le plus jeune âge une véritable culture de responsabilité envers la nature. Au fond, cette convention porte une ambition simple mais puissante : transformer le capital associatif en capital humain, puis le capital humain en moteur de développement. C’est là que réside sa véritable portée.

 Younes

 

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.