Cent quatre-vingt-deux migrants, selon des sources proches du dossier, ont été comptabilisé lundi 14 septembre à bord d’un même bateau au port de Bangoma, à Mohéli. Une opération menée dans un climat tendu, marquée par les inquiétudes sur les conditions de transport et surtout par l’absence d’informations officielles sur la destination de l’embarcation.
Parmi les passagers figurent 31 migrants interceptés le 9 septembre entre Miringoni et Ouallah, puis conduits à Nioumachoi. Ils ont été embarqués avec 151 autres migrants interceptés le même lundi. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, certains parmi les 31 premiers auraient vivement contesté leur embarquement, affirmant vouloir rejoindre Mayotte et ne pas connaître la destination du bateau. « Nous ne connaissons pas ceux qui sont là-bas. Ils peuvent nous faire tout ce qu’ils veulent, nous tuer ou autre », auraient déclaré certains migrants, selon des sources locales. Malgré leurs réticences, ils ont finalement pris place à bord. L’opération aurait mobilisé plusieurs services, notamment la Police, la Gendarmerie nationale, la COSEP ainsi que les garde-côtes de Mohéli et d’Anjouan. Deux embarcations des garde-côtes se seraient rendues sur place. Des mesures sanitaires auraient également été prises, dont la désinfection du bateau.
Mais c’est surtout la capacité de l’embarcation qui suscite les inquiétudes. Des membres des secours présents sur les lieux, sous couvert d’anonymat, ont alerté sur la surcharge du bateau. « Si les autorités rajoutent encore des migrants sur ce bateau, il y aura sûrement des morts », a déclaré l’un d’eux. Selon les informations recueillies, des femmes enceintes et des enfants, dont certains seraient âgés de quelques mois, figureraient parmi les passagers. Les migrants seraient principalement originaires de la République démocratique du Congo, du Burundi et de Tanzanie. À bord, ils disposeraient notamment de farine de manioc et d’une citerne d’eau. Après l’embarquement, le bateau aurait quitté Bangoma en direction du large. Une hypothèse évoque un éventuel débarquement sur les côtes du continent, mais cette information reste à confirmer.
La rédaction a tenté d’obtenir des explications auprès de M. Mahaz, responsable chargé des affaires des migrants, notamment sur la destination du bateau et les conditions de prise en charge des passagers. Malgré plusieurs tentatives, celui-ci n’a pas souhaité répondre. Les autorités locales sollicitées n’ont pas davantage communiqué officiellement. Pour l’heure, une question demeure : où seront conduits les 182 migrants et dans quelles conditions ? La destination de l’embarcation reste inconnue.
Riwad
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