Mardi 14 juillet en début de soirée, l’hôtel Le Retaj Moroni a accueilli une grande réception organisée par l’Ambassade de France à l’occasion de la fête nationale française. L’événement a réuni les plus hautes autorités comoriennes, le corps diplomatique et de nombreux représentants de la société civile. Dans son discours, l’Ambassadeur a affirmé que la France est un partenaire fiable.
L’Ambassadeur de France, Étienne Chapon, a ouvert son allocution par un « Kwezi Watukufu » prononcé en comorien, marquant sa volonté de s’adresser directement au peuple comorien dans sa langue. Quelques mots en arabe sont venus enrichir son intervention, soulignant la singularité du trilinguisme et l’importance de la diversité linguistique dans les échanges diplomatiques dans un pays où le Français et l’Arabe sont les deux langues officielles. Revenant sur une citation souvent attribuée au général de Gaulle, « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts à défendre » l’Ambassadeur a nuancé cette formule en affirmant que les états peuvent aussi être des amis. « Votre présence nombreuse ce soir est une preuve d’amitié », a-t-il déclaré, insistant sur la force des liens qui unissent Paris et Moroni.
Dans un passage empreint de philosophie, Monsieur Chapon a cité le poète Mbae Trambwe : « Ce qui tue l’amitié, c’est la paresse des jambes, c’est de ne plus faire le chemin vers les autres. » Le diplomate a expliqué que, depuis son arrivée, il est allé à la rencontre des comoriens sur les routes de Moroni, comme dans les autres îles. Pour lui, la proximité, l’écoute et le respect sont les clés d’une relation durable. L’Ambassadeur de France a félicité les Comores pour ce 51ᵉ anniversaire de l’indépendance en rappelant qu’il exerce sa mission depuis un an avec une mission claire : « Montrer, témoigner et donner de la visibilité à ce que notre partenariat apporte à nos peuples. » Il a insisté sur la vitalité de cette coopération, affirmant que « la présence de la France irrigue la société comorienne et l’ensemble de l’archipel ». Pour lui, l’avenir des Comores se construira avant tout par les Comoriens eux-mêmes, mais la France restera un partenaire engagé, prêt à nous accompagner.
Le diplomate a salué le travail des comoriens employés à l’Ambassade, de la diaspora, ainsi que des équipes de l’AFD et d’Expertise France. Il a insisté sur la visibilité renforcée des actions françaises dans l’archipel, citant des exemples concrets : la réhabilitation des écoles, l’assurance santé généralisée, les initiatives d’entrepreneuriat, le programme AFIDEV dans l’agriculture, la valorisation du patrimoine des médinas, la musique, la santé, les champs d’ylang-ylang ou encore le rivage de Nioumachoua. Par ce discours, l’Ambassadeur a sans doute voulu réaffirmer que son pays reste ce partenaire historique, en dépit du fâcheux contentieux sur Mayotte sous administration française, et toujours revendiquée par l’Union des Comores.
Aticki Ahmed Ismael
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