Le Forum des pêcheurs et pêcheuses sur la gestion marine s’est tenu ce jeudi 20 août à l’école nationale de pêche de Mirontsi, à Anjouan. Organisée par l’ONG Dahari sous le haut patronage du gouvernorat, la rencontre a réuni des représentants des communautés de pêcheurs des trois îles, des autorités et des partenaires autour d’un même objectif celui de renforcer la gestion communautaire des ressources marines.
La cérémonie a été marquée par les interventions du gouverneur d’Anjouan, Dr Zaidou Youssouf, du ministre de l’Environnement chargé du Tourisme, Abubakar Ben Mahamoud, ainsi que du président de l’Association des maires, Abou Issouf. Une projection sur la gestion marine communautaire et une vidéo consacrée aux pêcheurs et pêcheuses du sud-ouest d’Anjouan ont également permis de mettre en lumière les initiatives menées sur le terrain. « La mer est notre horizon, notre destin », a déclaré le Gouverneur d’Anjouan, soulignant l’importance de cette ressource pour les communautés et l’avenir de l’île. Prenant la parole durant le forum, le ministre de l’Environnement chargé du Tourisme, Abubakar Ben Mahamoud, a présenté l’engagement du Gouvernement comorien en faveur de l’objectif mondial « 30x30 », qui vise à protéger 30% des espaces marins et côtiers d’ici 2030.
Trois orientations ont notamment été annoncées notamment renforcer les Parcs nationaux marins, promouvoir les Zones de Gestion Artisanale et établir un cadre national permettant de reconnaître les Aires Marines Gérées Localement. Pour le ministre, les communautés de pêcheurs doivent occuper une place centrale dans cette stratégie. « La gestion communautaire n’est pas un complément accessoire à la conservation. Elle en est un instrument à part entière », a-t-il affirmé. Au-delà des échanges institutionnels, le forum a aussi permis de mettre en lumière les expériences des associations de pêcheurs engagées dans la préservation des ressources. Interrogé par nos soins à l’issue de la rencontre, Anssoiya Ahmed, trésorier de l’association Malezi Mema, a présenté le parcours de cette structure créée en 2003 et qui réunit aujourd’hui des pêcheurs des villages de Dzindri, Vassi et Salamani.
Il explique que les pratiques de pêche ont progressivement évolué grâce à l’accompagnement de Dahari. Les membres ont notamment été formés à la pêche durable et ont bénéficié de matériel, parmi lesquels des congélateurs, des GPS et un radeau. Pour l’association, l’enjeu est de préserver les ressources tout en permettant aux générations futures de continuer à en vivre. « Nous voulons que notre bénéfice de la pêche profite aussi à la génération future », explique-t-il. Chambati Oussein, présidente de l’association Welevu wa Dahari, revient quant à elle sur les changements observés dans sa communauté. L’association a notamment instauré un moratoire de trois mois sur la pêche aux poulpes et délimité une zone réservée afin de permettre aux poissons de se reproduire.
Selon elle, ces mesures commencent à produire des résultats. Des espèces devenues rares réapparaissent et les pêcheurs constatent une amélioration de leurs captures. « Pour nous, Dahari, ce sont des éducateurs », souligne-t-elle, en évoquant les formations reçues sur la protection et la gestion durable de la mer. Le forum a ainsi réuni les pêcheurs d’Anjouan, de Grande Comore et de Mohéli autour du partage d’expériences et de pratiques. Une dynamique que Dahari entend renforcer afin que les communautés puissent participer pleinement à la gestion des ressources dont elles dépendent.
Mohamed Ali Nasra
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