Alors que le mouvement de grève se poursuit dans le secteur éducatif, les tensions montent entre le gouvernement et les syndicats. Le ministre de l’Éducation nationale adopte une ligne dure, tandis que la fédération syndicale dénonce des propos « déconnectés de la réalité ».
Lors d’une cérémonie tenue au siège du gouvernorat de Mohéli, le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, a réagi avec fermeté à la grève déclenchée par les enseignants depuis le 17 avril. Sur un ton sans équivoque, il avertit que des sanctions financières pourraient être appliquées aux grévistes. « Les jours non travaillés ne seront pas rémunérés. Par la règle de trois, les enseignants ne devront pas être surpris de constater une baisse de leur salaire », a-t-il déclaré. Il a également estimé que le syndicat devait prendre en charge ses membres, conformément aux textes en vigueur. Pour le ministre, cette grève n’est pas justifiée. Il s’appuie notamment sur le point 3 de l’avenant au protocole d’accord signé le 10 février 2025, qu’il interprète comme instaurant une période de cinq ans sans recours à la grève. « Le syndicat a violé le protocole » a-t-il conclu.
Autre point de discorde : la question de la nouvelle grille indiciaire. Le ministre a affirmé qu’il n’était jamais question d’une nouvelle grille mais plutôt d’un statut particulier dans les engagements signés. Il a par ailleurs indiqué que les revendications avaient toutes été abordées lors des assises nationales sur l’éducation, dont les conclusions doivent encore être examinées au plus haut niveau de l’État. Selon lui, le protocole prévoit le paiement d’au moins un avancement, « et c’est sur ce point qu’ils s’appuient ». Il précise toutefois que les modalités doivent encore être définies à l’issue des assises, sans échéance précise. « Il n’a jamais été question d’un avancement au mois de mai », a-t-il rappelé.
En réponse, la Fédération des syndicats de l’éducation (FESEC) a vivement contesté les propos du ministre dans un bulletin publié le 26 avril. Elle dénonce une « tentative de désinformation » et rappelle que la grève constitue un droit constitutionnel. La fédération souligne avoir déposé un préavis dès le 30 mars 2026 et accuse les autorités de ne pas respecter leurs engagements. La FESEC insiste aussi sur le fait que le point 3 de l’avenant évoque une période moratoire liée à la mise en œuvre des recommandations issues des assises, condition qui, selon elle, n’a pas été remplie. Elle affirme que le mot d’ordre de grève est largement suivi sur les trois îles.
Tout en appelant à la mobilisation et à la vigilance de ses membres, la fédération privilégie la voie du dialogue pour sortir de la crise. « Seules des négociations sincères permettront de dénouer la situation, contrairement aux sanctions et aux intimidations », souligne-t-elle. Cette divergence d’interprétation entre les autorités et les syndicats laisse présager une crispation durable, dans un secteur éducatif déjà fragilisé par de nombreuses difficultés.
Riwad
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