La Gazette

des Comores

Hommage / Une étoile vient de s’éteindre

Hommage / Une étoile vient de s’éteindre © : HZK-LGDC

Née à Salimani-Itsandra, Maltoufa Mouigni n’est plus. Après avoir fait ses études en France où elle a eu son diplôme d’ingénieur en qualité et gestion des risques en santé, elle a passé des années de travail à l’extérieur avant d’intégrer par la suite le centre hospitalier national EL Maarouf. Malgré sa volonté de restructurer cet hôpital, Maltoufa a rendu l’âme le 30 aout dernier au Caire en Egypte. Son enterrement a eu lieu le 1er septembre dans son village natal.


Maltoufa Mouigni n’est plus de ce monde. Elle n’avait que 37 ans ! Née à Salimani Itsandra en Grande-Comore, elle était Ingénieur en Qualité et gestion des risques en santé, diplômée en France. Elle a travaillé à l’Hôpital Américain de Neuilly sur Seine avant de prendre la décision de rentrer aux Comores. Son combat : permettre aux comoriens de ne plus partir à l'extérieur pour se soigner, en donnant la possibilité au personnel comorien d’être efficace. Déterminée et motivée, elle a été recrutée au CHN El Maarouf pour ses compétences, en tant que stagiaire rémunérée pendant un mois et a intégré l’hôpital par la suite en tant que responsable qualité et gestion des risques en santé, un département nouvellement crée.

Son projet était de réorganiser l’hôpital par la formation des employés (aides soignants, infirmières, agents de sécurité..) en fonction de plusieurs critères. « Soucieuse de ne pas offenser, elle choisissait ses mots pour décrire son projet. Amélioration, au lieu de changement. La sémantique était importante. Elle tenait à obtenir le maximum de soutien. Consciente des réalités comoriennes, Maltoufa n’.a jamais voulu offenser personne. Elle répétait à son entourage professionnel le besoin de formation continue pour réapprendre les métiers de la santé pour le bien être du patient. L’accueil était un autre secteur qui lui tenait à cœur. Prendre le temps de parler au patient devait être intégré dans les modules », confiait une de ses cousines.

Recrutée au centre hospitalier national grâce à ses compétences, elle s’était fait un projet, celui de réorganiser l’hôpital par la formation des employés (aides soignants, infirmières et agents de sécurité), en fonction de plusieurs critères. Son ambition était si vaste au point de restructurer les services dans le cadre de modules de 5 semaines renouvelables avec pour objectif de permettre de réapprendre les gestes techniques liés à l’hygiène. Ces modules voulait-elle les adapter au contexte comorien. Altruiste, elle demandait conseil à toutes les personnes de son entourage. Elle était consciente des défis : sa jeunesse, le manque de moyens financiers notamment et les ressources humaines et pensait dépasser les obstacles. « Elle le répétait, je ne peux pas tout faire toute seule, expliquait une cousine et ancienne collègue en France. Mais elle ne désespérait pas et pensait partir à l’extérieur pour rechercher des cadres de la diaspora comorienne et se former davantage. Etre une femme n’a jamais été un frein pour Maltoufa », poursuit-elle. Pudique et souriante, Maltoufa savait qu’elle pouvait apporter ses connaissances dans la société comorienne. « Elle était exceptionnelle ! Elle savait comment parler aux gens, avait un très bon relationnel, » décrivait récemment sa cousine.

Le ministère de l’éducation nationale a lui aussi rendu hommage à Maltoufa Mouigni comme Ben Amir Saandi, son cousin. « Avec sa disparition, nous n’avons pas seulement perdu une sœur, une épouse, une amie, nous avons perdu une partie de notre avenir, de notre sourire, une partie de nous même tant Maltoufa Mouigni était une source d’énergie, de motivation, de gaieté. Une source d’inspiration permanente », écrit-il sur sa page Facebook. « Au-delà de son travail, qu’elle affectionnait, elle nous a partagé et légué mille et un projets tournés vers l’enseignement, l’éducation, l’agriculture et l’environnement. Que Dieu nous permette de lui rendre le plus bel hommage en poursuivant ses idées et ses œuvres. Soyons nombreuses et nombreux demain à son enterrement et prier pour qu’Allah lui fasse miséricorde et lui ouvre les portes du Paradis », ajoute-t-il.

Kamal Gamal

 


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