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Hors du Top 20 africain : Les Comores misent sur leur ancrage régional

Hors du Top 20 africain : Les Comores misent sur leur ancrage régional © : HZK-LGDC

Le classement sur les 20 pays les plus performants d’Afrique en 2026 de Jeune Afrique place les Comores en dehors du top 20, le classement privilégie des poids lourds de l'océan Indien comme Maurice (2ème place). Toutefois, les Comores sont souvent considérées comme l'un des pays les plus performants au sein du marché commun (COMESA).


Alors que les Comores ont récemment attiré l'attention régionale en accueillant la 15ème édition du Forum Économique des Îles de l'Océan Indien à Moroni, le bilan macroéconomique du pays met en lumière les vulnérabilités structurelles d'une économie insulaire dépendante face aux succès de nos voisins de l’Océan Indien. Sur le plan de la croissance, l'économie comorienne montre des signes encourageants de reprise. Les projections pour 2026 de la Banque Africaine de Développement (BAD) anticipent une hausse du PIB à 4,6%, portée par la construction, l'agriculture et le secteur de la pêche. Le PIB par habitant a d'ailleurs franchi la barre des 1 800 USD. Cependant, cette dynamique positive peine à rivaliser avec le niveau de vie de nos voisins, bien que Maurice anticipe un léger ralentissement de son secteur touristique en 2026, son économie diversifiée et son secteur financier en font des champions africains de la performance, solidement ancrés dans le radar des investisseurs internationaux.

Malgré des défis de pauvreté similaires, Madagascar jouit d'un bloc aussi difficile, d'un marché intérieur plus vaste et de ressources minières d'envergure mondiale que l’Union des Comores. Pour combler ce retard face aux leaders du continent, les Comores se distinguent sur leur positionnement stratégique au sein du Marché commun de l'Afrique orientale et australe (COMESA) et de la Commission de l'océan Indien (COI). Ici, les leaders économiques locaux insistent toujours sur la nécessité de mutualiser les filières agricoles et touristiques régionales. L’enjeu des prochaines années ne sera pas seulement de stabiliser la croissance, mais d'amorcer de profondes réformes fiscales et structurelles afin de transformer l’économie de subsistance en un pôle d'affaires attractif, capable un jour de bousculer le classement des vingt nations africaines les plus performantes.

En théorie, l'un des principaux freins à cette performance comorienne reste le coût de la vie et le manque de compétitivité. En mai 2026, les Comores s’était vu hissé au rang de pays le plus cher dans la région en carburant, affichant des tarifs à la pompe bien supérieurs à ceux de Maurice, des Seychelles ou de Madagascar. De plus, l'économie comorienne reste lourdement tributaire des transferts d'argent de sa diaspora et souffre d'un manque crucial d'investissements privés et d'infrastructures de connectivité maritime selon les rapports de la Banque Centrale. Les échanges commerciaux intra-océan Indien représentent moins de 5% du commerce global selon les bilans économiques de la COI et de Cap Business Océan Indien, une faiblesse qui pénalise en premier lieu les petites économies comme les Comores.

Aticki Ahmed Ismael

 

 


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