Estimant avoir presque tout fait avant son départ, Nassur Madi Ali se sent pris comme un bon à rien. C’est cette ingratitude persistante qui l'a poussé à briser le silence pour clarifier certaines choses sur la réalisation de ce projet d’énergie photovoltaïque.
Débuté en mars 2013, ce projet de plus de 3 millions d’euros cofinancé par l’Union européenne (73%), le gouvernement comorien à travers la SONELEC (27%) et Leignon Synergie Comores (14%), consistant initialement à mettre en place 6 micros réseaux en zone rurale de l’île de Mohéli, a subi plusieurs rebondissements et des modifications ce qui, selon cet ancien chef de projet, a considérablement entravé l’état d’avancement des activités.
L'action principale de ce projet consistait à installer une centrale photovoltaïque dans chacun des villages bénéficiaires, dont Ndrondroni, Wallah1, Wallah2, Hamba, Barakani et Domoni. Pendant sa période, Nassur Madi a réalisé tous les recrutements prévus, notamment l'Assistant technique international (IED, Bureau d’études français), le Bureau d’études local pour la topographie, le Bureau d’études local pour les études d’impact environnemental, le Bureau d’études local pour la réalisation d’un document de communication, l'Entreprise allemande SOLAR23 pour l’achat du matériel photovoltaïque ainsi que l’installation des centrales solaires.
Le matériel étant déjà sur place à Mohéli avant que Nassur Madi quitte le projet. Et les massifs qui vont soutenir les supports des panneaux solaires étaient prêts à Drondroni où était prévue la construction de la plus grande centrale solaire de 150 KWC. Il avait ensuite recruté l’entreprise française TESTONI REUNION pour l’achat du matériel ainsi que la construction des réseaux souterrains, le matériel étant déjà commandé.
Pour le retard du projet, 9 ans (de 2013 à 2022), Nassur Madi Ali explique que tout commence par le désistement du premier partenaire du projet Leignon Synergie Comores, dès le début, un partenaire qui était non seulement utile financièrement mais aussi en matière d’expérience pour le management des projets de cette envergure, une première aux Comores à l’époque. Ensuite vient le problème du paiement de la contribution comorienne, « les comptes du projet en souffrance après épuisement de la première partie du financement par l’Union Européenne » explique-t-il.
Puis changement de cadre technique de cohérence du projet « un changement presque substantiel qui a mis une année pour être accepté par l’UE » se justifie l’ancien chef de projet. Et« un rajout de 2 activités non prévues dans la description du projet, dit-il, pourtant nécessaires à l’élaboration des DAO, à savoir les études d’impact environnemental et celles topographiques. Les aléas météorologiques ne sont pas en reste ».
Pour Nassur, la non proximité de l’assistant technique (ATI) a eu également des effets non négligeables, dans ce projet. Il faut également noter le blocage du matériel pour la construction des centrales photovoltaïques durant 9 mois dans la douane comorienne malgré les dispositions prises par l’équipe du Projet, la SONELEC, le Ministère de l’énergie et le Gouvernorat de Mohéli.
Riwad
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