Après plusieurs incendies et la découverte de tracts dénonçant la politique du pouvoir, quatre jeunes sont actuellement détenus à la maison d’arrêt de Badjo. L’Opposition Unie de Mohéli (OUM) demande une enquête impartiale et met les autorités face à leurs responsabilités.
L’affaire prend une tournure politique à Mohéli. Plusieurs semaines après une série d’incidents signalés dans différents endroits de l’île, l’Opposition Unie de Mohéli (OUM) est sortie de son silence, lundi 14 septembre, pour dénoncer l’arrestation de quatre jeunes et réclamer davantage de transparence dans l’enquête. Les faits remontent à plusieurs semaines. Des incendies ont notamment été signalés à l’aéroport de Bandar Es Salam ainsi que sur des véhicules appartenant à des personnalités. Le véhicule du député Iftahou Halidi aurait ainsi été incendié, après un précédent incident visant, un mois auparavant, le véhicule du député Milissane Hamdia. Les deux élus résident dans le même quartier à Fomboni. Le véhicule du directeur régional de l’AGID aurait également échappé à un incendie.
Parallèlement, des tracts ont été retrouvés et éparpillés dans plusieurs secteurs de Fomboni, dénonçant notamment ce que leurs auteurs présentent comme l’abandon de Mohéli par le pouvoir. Plusieurs jeunes ont été interpellés dans le cadre de cette affaire. À ce jour, quatre d’entre eux sont placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Badjo, tandis que l’instruction se poursuit. Dans un communiqué intitulé « La répression ne fera pas taire la colère de la jeunesse », l’OUM, qui regroupe Sawouti Ya Mwali, MOLECO et M17, condamne fermement ces arrestations. L’opposition affirme que les jeunes sont poursuivis dans une affaire portant sur plusieurs faits, dont des incendies, des actes impliquant des véhicules et l’aérogare de Bandar Es Salam, ainsi que la distribution de tracts.
L’OUM insiste toutefois sur la nécessité de ne pas confondre engagement politique et actes criminels. « Où sont les preuves ? », demande-t-elle, appelant à une enquête indépendante permettant d’établir les responsabilités individuelles. L’opposition affirme ne cautionner ni les incendies, ni les destructions, ni les violences contre les personnes ou les biens. Elle réclame le respect des droits des quatre détenus, l’accès à leurs avocats et à leurs familles, ainsi que la transparence sur les conditions dans lesquelles les déclarations auraient été recueillies. Pour l’OUM, cette affaire dépasse désormais le seul cadre judiciaire. Elle traduit, selon elle, une colère plus large de la jeunesse mohélienne face aux difficultés économiques, au manque d’infrastructures et aux perspectives jugées insuffisantes. L’organisation appelle enfin la population à la vigilance et à une mobilisation pacifique, estimant que « la répression ne peut pas remplacer le dialogue ».
Riwad
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