La journée internationale de la coopération policière a été célébrée ce lundi 7 octobre dans plusieurs pays, sous le thème : « Renforcer la confiance et la légitimité dans l’action policière ». Aux Comores, cette journée n’est pas passée inaperçue. Le ministère de l’intérieur, en collaboration avec le bureau central national d’INTERPOL, a réuni les différents départements de la police afin d’échanger. L’objectif était de renforcer la coopération, la confiance et la légitimité dans l’action policière.
Les Comores réaffirment ainsi l’importance de la confiance et de la légitimité dans l’action policière. C’est ce qui ressort de cette journée internationale. Lors de la table ronde, les échanges ont notamment porté sur les menaces criminelles qui dépassent les frontières et qui engendrent de nombreux défis pour les États. Dans sa prise de parole, Ahmed Mzé Aboubacar, chef du BCN INTERPOL de Moroni, a rappelé que « la criminalité organisée recouvre aujourd’hui plusieurs domaines qui représentent des menaces sérieuses pour les Comores, la région et la communauté internationale dans son ensemble ». Il a ensuite cité des exemples concrets, notamment la traite des êtres humains, le trafic illicite de migrants, le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes à feu, le blanchiment de capitaux et bien d’autres formes. « Le pays doit reconnaître que la coopération policière internationale n’est plus une option, elle est devenue une nécessité absolue pour donner confiance à toutes les populations », a-t-il souligné.
De son côté, le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, assurant l’intérim du ministre de l’Intérieur, a précisé : « Aucun État ou organe de force de sécurité ne peut, à lui seul, faire face à une criminalité qui ne connaît ni frontières internationales ni limites nationales ». Et de prévenir que « face à des réseaux criminels qui utilisent les nouvelles technologies, nous devons mieux nous préparer et renforcer nos capacités dans tous les domaines informatiques », avant d’ajouter que « les réponses doivent aussi circuler par l’information, la coordination, l’expertise et la collaboration ». Selon lui, la coopération policière internationale est devenue un instrument stratégique de protection des populations et de défense de l’État de droit. C’est dans cette perspective que le gouvernement évalue toute l’importance de l’OIPC-INTERPOL et du BCN-INTERPOL de Moroni, véritable trait d’union entre les services nationaux et la communauté internationale.
« La police ne doit plus se limiter à intervenir après la commission d’une infraction. Elle doit être capable de prévenir, d’anticiper et d’analyser. Prévenir avant de réprimer, anticiper avant de subir, analyser avant d’intervenir et comprendre avant d’agir », a insisté Bacar Mvoulana, assurant l’intérim de son collègue. Il a également appelé au renforcement du renseignement criminel, de l’analyse des phénomènes de délinquance, de la police scientifique et technique, de la formation continue ainsi que des outils numériques. Pour finir, le ministre a insisté sur la nécessité pour la police de créer un lien solide avec la population et de renforcer sa proximité avec les citoyens. « Une institution de sécurité peut disposer de moyens, de technologies et de pouvoirs légaux, mais son efficacité durable dépend également de la confiance que lui accordent les citoyens. Cette confiance ne se décrète pas. Elle se mérite », a-t-il conclu.
Nassuf Ben Amad
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