À l'occasion de la journée Maoré célébrée le samedi 12 novembre, l'association Ngo'Shawo a tenu une conférence de débat suivie d'une projection sur l'île sœur de Mayotte et des autres îles intitulée "le syndrome Mahorais". Un débat enrichissant destiné à la sensibilisation des jeunes présents, mais aussi pour comprendre l'importance de cette journée.
Promouvoir l'apprentissage et la diffusion de notre histoire sont deux choses importantes pour forger une nation et une unité de valeurs en partage. C'est dans cette optique que l'association Ngo'Shawo a tenu une conférence débat suivie d'une projection de film sur l'île sœur de Mayotte et le reste de l’archipel des Comores, intitulé « le syndrome Mahorais ». A cette occasion, un débat enrichissant a été animé par Abdillah Saandi Kemba, Youssouf Abdoul Madjid et Chadhouli Amdrani venant de Mayotte, qui en a profité pour parler des réalités de la situation à Mayotte.
Kemba a fait une brève historique de 1841 jusqu'à la fin des sultanats. Selon lui, la thèse selon laquelle Mayotte a fait le choix de rester française à cause du transfert de la capitale du pays de Dzaoudzi à Moroni n'est pas véridique. « C'était une question de stratégie de la France et d'influence et surtout que ceux qui administraient l'île à l'époque voulaient toujours garder le commandement », explique-t-il. Et de préciser : « Quand le départ de la France à Diego-Suarez a été déclaré, la France a voulu à tout prix avoir un siège dans la zone pour installer sa base militaire. C'est à partir de là que l’ancienne puissance coloniale s'est intéressée de notre Mayotte. Elle a réussi à influencer les sultans de Mayotte, puis elle a accaparé l'île car nous sommes aussi dans un carrefour stratégique du canal de Mozambique ».
A son tour Youssouf Abdoulmadjid a décrypté la projection en mettant en exergue les valeurs et traditions communes aux quatre îles. « On a les mêmes valeurs, la même culture et les mêmes traditions. Nous parlons la même langue et avons le même mode d'habillement. C'est depuis que Mayotte a été érigée en département français, qu'on nous observons une différence politique et institutionnelle. Aujourd'hui, il faut un visa pour se rendre chez nous, et pas mal de choses administratives ont changé », avance-t-il.
Quant à Chadhuli Amdrani a montré l’inquiétude des autres frères qui voulaient participer à cette journée Maoré. « Chaque fois qu'on participe à un évènement aux Comores, on nous suspend au boulot. C’est pour cela que les autres ont eu peur de venir dans cette journée Maoré. Mais, je suis là car je sais que c'est la réalité », dit-il. Pour ce qui se passe à Mayotte, il pense que c’est inadmissible. « Comment se fait-il qu'un enfant des Comores ne peut pas se rendre à Mayotte sans le visa, se demande-t-il. Ça nous fait mal quand on voit nos frères et sœurs refoulés dans leur propre pays, car Mayotte est comorienne ». Et d’ajouter : « Je sais qu'à mon retour à Mayotte, j'aurais de problème mais ce n'est pas grave. J'assume ».
Et sur la situation à Mayotte, il montre qu’il y a trop de délinquance à Mayotte et que la gendarmerie française n'arrive pas à la maîtriser. « Ce que j'ai compris, les autorités locales font exprès en laissant ces jeunes. Ils n'ont jamais cherché une solution pour ces jeunes. Mais, c'est une stratégie pour déstabiliser le pays, tout entier. C'est pour cela que les autorités françaises tentent toujours de les renvoyer ici », souligne-t-il.
Nassuf Ben Amad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC