La Gazette

des Comores

Justice : Dr Achmet libre

Justice : Dr Achmet libre © : HZK-LGDC

Après 16 mois d’emprisonnement, le leader du Mouvement Hury est enfin libre. Son avocat Me Djamal El-dine Bacar parle d’un soulagement, après plusieurs mois de lutte et des conditions difficiles en détention. Dr Achmet Said Mohamed, a toujours réclamé un procès équitable, qui n’a pas eu lieu, et qui aurait permis d’apporter la lumière sur cette affaire dite de « complot contre l’autorité de l’Etat » dont il est accusé.


Après 16 mois d’emprisonnement, le leader du Mouvement Hury, Achmet Saïd Mohamed, a été libéré sous conditions ce samedi 3 mai. Une décision qui met fin à une longue période de détention et de mobilisation, tant pour ses proches que pour son équipe de défense. Son avocat, Me Djamal El-dine Bacar, évoque un soulagement après des mois de lutte dans des conditions particulièrement difficiles. « C’est une grande satisfaction pour moi. Mon client a traversé des moments très éprouvants en prison, et cela a également été très dur pour sa famille. Aujourd’hui, il va pouvoir enfin se soigner dans de meilleures conditions. Il est désormais libre, sous contrôle judiciaire », a-t-il confié à La Gazette des Comores.

Rappelons qu’Achmet Saïd Mohamed, a été enlevé par des individus encagoulés début janvier 2024, avant d’être placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Moroni. Pendant près de vingt jours après son enlèvement, sa situation était entourée d’un mystère, jusqu'à ce que l'on apprenne qu'il fait face à des accusations d’« attentat, complot contre l’autorité de l'État et tentative de commission d'actes terroristes ».

Il y a quelques mois, il avait adressé une lettre au ministre de la justice et en copie à la commission nationale des droits de l’homme, à la direction de la prison et à ses avocats pour les informer de son intention d'entamer une grève de la faim. Il y dénonçait le « sinistre anniversaire  de son enlèvement et sa séquestration », dont il était victime.

Dans cette lettre, il rappelait que « la justice doit garantir à chaque citoyen le respect de ses droits élémentaires, quelles que soient ses orientations politiques », regrettant que ses droits aient été bafoués depuis le 9 janvier 2024. Aujourd’hui, bien que placé sous contrôle judiciaire, Achmet Saïd Mohamed peut enfin accéder à des soins médicaux appropriés, une nécessité face à son état de santé jugé fragile. Pour rappel, cet enseignant à l’université des Comores faisait partie des 19 candidats de l’opposition à l’élection présidentielle de 2019. Il s’était ensuite exilé en France avant de regagner le pays en 2023.  

Andjouza Abouheir

 

           


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