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Justice : Hadji Djambae condamné à 15 ans de réclusion criminelle

Justice :  Hadji Djambae condamné à 15 ans de réclusion criminelle © : HZK-LGDC

La Cour d'assises de Moroni a condamné, jeudi 15 octobre, Hadji Djambae, 45 ans, à 15 ans de réclusion criminelle et une amende de 2 millions de francs comoriens pour tentative d'agression sexuelle sur une mineure de 10 ans. Les faits remontent au 21 décembre 2025, à Moidzazambwani. Lors de l'audience, le ministère public avait requis 17 ans de réclusion criminelle, tandis que la défense plaidait pour une requalification des faits.


Prévu initialement le 14 octobre, le procès de Hadji Djambae s'est finalement tenu le lendemain devant la Cour d'assises de Moroni. L'accusé, placé en détention depuis le 24 décembre 2025, devait répondre de faits de tentative d'agression sexuelle sur une enfant âgée de 10 ans. Selon les éléments présentés à l'audience, les faits se seraient produits dans la soirée du 21 décembre 2025, alors que plusieurs habitants de Moidzazambwani étaient réunis pour suivre la retransmission du match de football entre les Comores et le Maroc. La mère de l'enfant, présente avec ses enfants, avait demandé à sa fille d'aller chercher une chaise, accompagnée de Hadji Djambae. Ne voyant pas sa fille revenir, elle avait décidé de partir à sa recherche. C'est en se rendant à son domicile qu'elle aurait découvert une situation suspecte. Deux jours plus tard, le 23 décembre, elle déposait plainte auprès des autorités. L'audition de la mineure a constitué l'un des principaux moments de l'audience.

 

Entendue devant la présidente de la Cour et les membres du jury, l'enfant a relaté les circonstances dans lesquelles l'accusé l'aurait conduite dans une chambre avant de tenter d'abuser d'elle. Selon son témoignage, l'arrivée de sa mère aurait interrompu les faits. À la barre, Hadji Djambae a reconnu une partie des faits qui lui étaient reprochés. L'homme de 45 ans a notamment admis avoir demandé à l'enfant de s'allonger sur un lit et avoir eu l'intention de commettre l'acte, tout en soutenant qu'il n'était pas allé jusqu'à son accomplissement. L'audience a également permis de revenir sur les liens qui existaient entre l'accusé et la famille de la victime. Selon les déclarations de la mère, l'enfant avait vécu pendant plusieurs années auprès de la sœur de Hadji Djambae, qui est également sa tante paternelle. Une proximité familiale qui explique la confiance dont bénéficiait jusque-là l'accusé. Constituée partie civile, la famille de l'enfant a fait savoir, à travers son avocat, qu'elle ne réclamait aucune indemnisation financière. « Nous ne voulons rien. Nous ne voulons pas d'argent. Nous souhaitons seulement une application stricte de la loi », a déclaré son conseil devant la Cour.

 

Dans son réquisitoire, le ministère public est revenu sur la gravité des faits et la vulnérabilité de la victime. Il a notamment mis en avant la constance des déclarations de l'enfant depuis sa première audition et rappelé la nécessité d'assurer la protection des mineurs face aux violences sexuelles. Estimant que les éléments constitutifs de la tentative étaient réunis, le parquet a requis une peine de 17 ans de réclusion criminelle contre l'accusé. De son côté, Me Halifa Elhade, avocat de la défense, a contesté la qualification pénale retenue par l'accusation. Sans nier l'ensemble des faits évoqués au cours des débats, il a soutenu que l'élément matériel de la tentative d'agression sexuelle n'était pas établi. Il a notamment invoqué un désistement volontaire de son client, estimant que celui-ci avait interrompu ses agissements. L'avocat a ainsi demandé à la Cour de requalifier les faits en détournement de mineur. Il a également sollicité le bénéfice du doute, tout en faisant état des regrets exprimés par son client.

 

Après avoir entendu les différentes parties et délibéré, la Cour d'assises n'a pas suivi les arguments de la défense. Elle a retenu la culpabilité de Hadji Djambae pour tentative d'agression sexuelle sur mineure et l'a condamné à 15 ans de réclusion criminelle ferme, assortis d'une amende de 2 millions de francs comoriens. Le verdict met un terme à cette étape de la procédure judiciaire, près de dix mois après les faits.

 

El-Aniou Fatima

 


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