« On vit comme des animaux », « on dort à trois parfois à quatre sur un matelas d’une place », « on n’a pas le droit à des soins dignes ». Ces expressions des prisonniers de Koki devraient interpeler plus d’un. Ces personnes bien que emprisonnées méritent un traitement humain et des droits comme d’autres.
Les prisonniers sont des êtres humains et ont des droits comme chaque citoyen. A Koki, prison d’Anjouan, les trois cellules sont bondées. Certains parmi les geôliers se plaignent d’être « enfermés sans être jugés », d’autres s’indignent des conditions misérables qu’ils vivent au quotidien. « Regardez comment on dort, comment on est nourri », s’indigent-ils, montrant les matelas mis à même le sol et les petits bols qui servent d’assiettes.
Trois cellules qui servent à la fois de lieux de repos et chambre à coucher pour ces centaines d’hommes entassés les uns contre les autres. A l’intérieur, les odeurs nauséabondes, des saletés et des murs tagués. Certains d’entre eux ont perdu la notion du temps car ayant passé une partie de leur vie entre ces quatre murs. « Moi, cela fait 9 mois que je suis ici. Je suis accusé d’agression sexuelle et malgré tout ce temps, je n’ai eu aucun jugement », regrette ce jeune prisonnier l’air chagriné.
A Koki comme dans les autres centres de détention des Comores, on retrouve des mineurs mélangés à des adultes dans les « mêmes cellules ». Les services de soin dignes ne sont pas au rendez-vous comme le révèlent ces prisonniers. « On vit comme des animaux dans ces cellules. On dort à trois parfois à quatre sur un matelas d’une place. C’est inadmissible. On n’a même pas droit à des soins dignes », regrettent ces locataires des lieux.
Entre ce maille d’hommes d’âge différents, se trouve deux dames dont une, la soixantaine, condamnée pour meurtre. « Je suis ici pour meurtre mais j’en ai assez. On me traite mal. Je suis vieille et ma santé se dégrade de jour en jour », pleure-t-elle. Malgré les mauvais traitements dont subissent ces prisonniers, il faut dire que des travaux de réhabilitation des lieux sont lancés et d’ici peu les autorités pénitentiaires espèrent que les prisonniers pourraient les occuper.
Mohamed Omar
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