La Gazette

des Comores

La capitainerie de Moroni accusé d'asphyxier les importateurs de bétail

La capitainerie de Moroni accusé d'asphyxier les importateurs de bétail © : HZK-LGDC

Le secrétaire général et le porte parole du syndicat des importateurs d’animaux de consommation tels que moutons, bœufs et autres produits depuis la Tanzanie brisent le silence et accusent la capitainerie du port de Moroni d'asphyxier les commerçants.


Lors d'une conférence de presse, le secrétaire général du syndicat des importateurs de bétail a brisé le silence sur l’attitude de la capitainerie du port de Moroni qui asphyxierait les importateurs de bétail. Selon lui, les commerçants achètent au moins 300 bœufs mais n’arrivent pas tous au port de Moroni. Et là, la situation est grave. « Nous attendions récemment une cargaison de 108 bœufs et seulement 19 sont arrivés à Moroni. Les autres bêtes sont mortes en chemin. Alors que ce sont des millions de francs investis. Or en cas d’incident de ce genre, on se lance sur des procédures judiciaires pour des gains de remboursement au point que le bateau est interdit de quitter le port sans une main levée de la justice (autorisation). Mais très tard dans la nuit, la capitainerie libère le bateau sans l'autorisation de la justice », déclare Ibrahim Msaidie. Et de lui de s’interroger : « tant pis pour nos millions perdus en mer ? Que va-t-on dire aux banques pour le remboursement des prêts ?».

Le porte-parole du Syndicat Abdoumalik Abdallah a déclaré avoir perdu 61 bœufs sur ce bateau et que la plupart de ces animaux ont trouvé la mort. « Quand j’ai vu cela, j'étais complètement hypnotisé, j'avais perdu tous mes sens. Il faut que le gouvernement trouve une solution à cela, sinon on va mourir d'AVC ou partir en prison à cause des dettes », dit-il.

Interrogé sur l’assurance du bétail importé, le secrétaire général montre que toutes les agences d'assurance qui ont été consultés ont dit être incapables d'assurer nos marchandises. « Il appartient aux bateaux qui transportent les marchandises d'avoir ce contrat d'assurance. Alors que les agences maritimes avec lesquelles on traite, on ne nous présente aucune assurance. Seulement un accord pour que je paie ma marchandise et rendez-vous à Moroni. S'il n'est pas au complet je dépose plainte contre les responsables du navire », précise-t-il.

Pour l’action judiciaire, Me Djamaldine a expliqué que dans un tel cas, un huissier de justice descend au port de Moroni avec l'ordonnance du tribunal pour confisquer les papiers du navire ainsi que les clés et les laisser à la capitainerie. « C'est jusqu'à ce qu'il y ait un compromis entre les responsables du navire et les commerçants ayant perdu leurs produits, que la justice signe une main levée pour que le navire quitte le port de Moroni », dit-il. Et de regretter que « dans cette affaire, les commerçants ont suivi cette procédure judiciaire et la justice a saisie le navire, les clés et les papiers ont été laissés à la capitainerie. A deux heurs du matin, le bateau est poussé jusqu'au large et a démarré pour quitter le port sans la décision de la justice. Qui doit-on accuser ? ».

Pour les conférenciers ce n'est pas la première fois qu'un tel accident a lieu et ce n'est pas non plus la première fois que la capitainerie de Moroni libère un bateau sans la justice. C'est dans ce sens que le secrétaire général du syndicat a sollicité l'intervention du gouvernement pour mettre fin à tout cela. « C'est grâce à ce commerce que les comoriens consomment de la viande fraîche. Alors, il faut que le gouvernement nous appuie à mettre de l'ordre à la brigade portuaire de Moroni », insiste-t-il. Ce dernier a rappelé que pour prévenir ce genre de situation, le syndicat a rencontré maintes fois le ministre de la production, les directeurs de l'élevage, l'ANAM et le président de la chambre de commerce pour trouver une solution mais toujours en vain.

Kamal Gamal

 

 


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