La Gazette

des Comores

La route Jimlimé-Mutsamudu en chantier, en attendant l’Etat…

La route Jimlimé-Mutsamudu en chantier, en attendant l’Etat… © : HZK-LGDC

Cette localité de près de 6000 habitants située à quelques kilomètres d’Ouani sur la côte ouest d’Anjouan, a décidé de construire cette voie qui va ouvrir une deuxième route pour rallier la capitale et l’Université des Comores, au lieu de faire 20 kilomètres pour mettre pieds à Mutsamudu.  Ces derniers temps, les travaux communautaires s’accélèrent dans l’Ile, symbole d’une démission de l’Etat selon une partie de l’opinion.


On parle d’un abandon de l’Etat dans les infrastructures à Anjouan. Ce n’est pas le cas à Jimilimé. Cette localité ne conjugue pas avec cette idée de démission de l’Etat. On aurait appris qu’il s’agit d’une conscientisation de la population du village en attendant l’aide de l’Etat. En effet, ces dernier temps, ils sont en chantier pour la construction d’une route ralliant Jimlimé directement à la capitale, Mutsamudu. « Le Président de la République a décrété que 2020 est l’année des routes. Donc, ici on largue déjà les amarres en attendant l’intervention de l’Etat. Ce n’est pas l’abandon de l’Etat comme le déplorent d’autres citoyens, c’est une conscientisation des enfants de Jimilimé », déclare Hamidoune Abdallah, un jeune cadre de la localité.

Jimilimé a une route du coté Bambao Mtsanga mais il faudra faire plus de 25 km pour atteindre Mutsamudu. Une situation que les habitants de cette localité sont loin d’accepter. «Nous avons la route en contournant la moitié de l’ile pour atteindre la capitale. Après celle qui est en chantier, on fera juste 25 mn pour Mutsamudu. Et notre grand objectif, on veut que nos enfants partent à l’université de Patsy et reviennent dormir à Jimilimé » souligne l’animateur adjoint du comité exécutif des travaux de la route M. Lyakat

Sous le même angle du désenclavement, plusieurs femmes ont réagi à La Gazette en se plaignant  de plusieurs maux, notamment la vente de leurs produits agricoles dans les grandes villes. « Si nous arrivons à finaliser cette route, ça sera un peu facile pour nous d’écouler nos marchandises dans les grandes villes sans difficultés », avance une vendeuse de produits agricoles. A noter que l’ile a lancé des chantiers communautaires ces derniers temps en attendant l’intervention probable de l’Etat pour une finition rapide des travaux dans les quatre coins de l’Ile.

Aujourd’hui, seules quatre localités figurent sur la liste des villages coupés du monde, faute de route. Il s’agit d’Uzini, Utsa de la préfecture de Domoni et Salamani ya Dzindri et Maweni ya Kangani de la préfecture de Sima.

Nabil Jaffar

 


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