Nous sommes en début de la période de récolte du girofle dans certaines régions de l’île de Mohéli. Une période où des activités génératrices de revenus sont créées mais en même temps c’est le moment où on s’attend à une recrudescence des actes de vols dans les champs, sur les toits des maisons où est séché ce produit et même des actes de vandalisme. Les propriétaires des girofliers ont du mal à s’en sortir vu la chute du prix de ce produit.
Le principal produit de rente que le mohelien possède dans son champ c’est le girofle. Cet or rouge qui connaît des hauts et des bas pose plus des difficultés aux propriétaires qu'il en procure du bonheur. En cette période de cueillette de clous de girofle qui coïncide souvent avec les vacances, des jeunes abondent les villages et quartiers à la recherche des patrons qui sont les propriétaires des champs de girofle, pour devenir des travailleurs saisonniers.
Des activités génératrices de revenus saisonniers sont donc créées. Le cueilleur vent le kilo de girofle frais avec les griffes à 150 FC, des fois à 200 FC au propriétaire. Ce dernier va devoir payer le frais de transport qui dépend du lieu de la cueillette et 25 FC le kilo à ceux qui enlèvent les clous de leurs pédoncules. Il y a ceux qui payent également d’autres frais aux personnes chargées du séchage. Sachant que 5 kilos de girofle frais avec pédoncule donnent un kilo de clous secs avec un prix de revient qui peut atteindre les 1100 FC. Le propriétaire se demande souvent ce qu’il va gagner surtout s’il a fait des prêts à la banque et qu'il ne sait même pas combien il va en vendre son produit. Ces derniers temps, le prix de vente d’un kilo de girofle sec variait entre 1000 et 3000 FC ce qui compromet l’activité de ce produit de rente. L’année dernière le kilo se vendait à 1300 FC.
En plus, l’insécurité règne dans les coins en cette période. Des vols de girofle souvent sur les toits des maisons deviennent monnaie courante. « Pendant cette période, l'on remarque une recrudescence des actes de vandalismes, vol, viol, problèmes fonciers et autres », explique sous l’anonymat un agent de police. Il y a ceux qui préfèrent vendre le girofle à l’état frais vu les multiples dépensent que le processus de séchage peut engendrer et le risque de vol que cela encoure. « Il est difficile de le surveiller car le girofle dégage un énorme gaz, et cela peut nous rendre malade en moins de 2 jours » indique Ahamada Bacar, un grand cultivateur de girofle. Malgré toutes ces difficultés, plus de 400 tonnes quittent chaque année le port de Bangoma contre 600 tonnes exportés d’Anjouan. « Cela fait 3 ans depuis que le prix du girofle ici à Moheli stagne. Il avoisine les 1500 FC le kilo pendant qu’à Anjouan le prix est relativement élevé » regrette Ahamada Bacar.
Riwad
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC