La Gazette

des Comores

La Sonede enrichit les vendeurs et assoiffe la population

La Sonede enrichit les vendeurs et assoiffe la population © : HZK-LGDC

Pour avoir de l’eau dans la capitale, il faut avoir des sous pour acheter cette denrée précieuse. Depuis quelques semaines, la société nationale d’exploitation et distribution des eaux (Sonede) n’arrive plus à approvisionner convenablement la capitale. Seuls les vendeurs informels parviennent à livrer aux citoyens l’eau par voie de jerricane ou citerne mobile. Un vrai business.


Depuis le lancement des travaux technique du projet de réhabilitation du réseau d’adduction d’eau de Moroni et ses environs, la pénurie d’eau devient de plus en plus extrême. Lancé le 09 novembre 2022, ces travaux consistent à réhabiliter le réseau afin d’améliorer l’approvisionnement en eau dans la capitale, afin d’en finir aussi avec le rationnement drastique. Mais, la situation s’empire de jour en jour. La population est assoiffée et la Sonede semble impuissante. Par contre, elle ne fait que dépouiller ses clients. Et oui car pour avoir de l’eau à Moroni, tu dois acheter un bidon de 20 Litres pour 250 FC. Un vrai business. « Je n’arrive pas à comprendre. Chaque jour, il y a de l’eau dans la station de pompage de Vouvouni pour les marchands d’eau. Ils vont là-bas avec des bus remplis de bidons ou des camions citernes pour faire le plein d’eau et venir nous vendre. Un bidon coûte 250 FC voir même 300 FC », déplore Said Ahamada, un résident du quartier Chezeni, zone Graphica.

Imaginez une famille de six personnes dont on veut préparer à manger, se laver, faire la lessive. C’est beaucoup d’argent. « Nous déboursons 1 500 FC pour 6 bidons. Comment un citoyen peut supporter une telle situation en période de crise économique et d’inflation ? On a l’impression que la Sonede ne fait pas d’efforts, elle ne fait qu’enrichir les revendeurs d’eau et laisse la population assoiffée », poursuit-il. Salim Abdou qui vit en France est venu avec ses enfants pour passer les vacances. Mais à cause de cette pénurie, ses derniers ont demandé à leur père de rentrer en France. « Cette situation m’a découragé. J’ai emmené mes enfants pour passer les vacances mais, ils demandent de rentrer. Le comble, j’ai tout payé en arrivant au pays. J’ai fait le branchement et je n’ai vu l’eau que trois fois. Je ne fais qu’acheter. Je ne pouvais pas tenir et j’étais obligé d’écouter notre séjour », témoigne-t-il. 

Quant à un responsable du projet, il admet une lenteur au niveau des travaux. « C’est vrai on accumule des retards et cela empire la situation. Il ne faudra pas oublier que ces travaux nécessitent du temps. Car on parle de réhabilitation de réseau ainsi que des citernes. Nous sommes conscients de l’importance de cette source vitale. C’est pourquoi, nous avons réuni la semaine dernière la société qui est chargée des travaux ainsi que nos techniciens pour voir comment le chantier évolue », tente-t-il de rassurer.

Toutefois, la population indexe la société de ne rien faire pour aider la population. « Vu que l’eau ne coule pas sous nos robinets, la société devait avec ses camions citernes secourir la population mais il ne le fait pas. Nous sommes obligés d’acheter chaque jour de l’eau. Nous n’allons pas tenir », se plaint Moinafatima Ahmed.

Nassuf Ben Amad

 


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