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des Comores

La « Journée île morte à Anjouan » n’a duré que quelques heures

La « Journée île morte à Anjouan » n’a duré que quelques heures © : HZK-LGDC

Annoncée depuis plusieurs jours, l’opération Anjouan « île morte » d’hier mercredi 21 octobre 2020 a eu lieu. Avant l’ouverture des bureaux, le message est passé et a fait déserter toutes les écoles publiques et privées de la capitale. Mais le retour à la normale n’a pas tardé.


Sur les lieux, aux alentours de l’hôtel de ville de la capitale aux premières heures, la circulation n’avait pas ses allures habituelles. Mais au fil des heures, la circulation routière a relativement repris dans la ville de Said Kaambi, Mutsamudu. Ce retour à mortalité dès la mi-journée a été relayé dans les réseaux sociaux puis, par le bouche à oreille. « On ne saît pas d’où vient cette initiative, mais nous travaillons et rien n’est communiqué officiellement », tacle Mohamed Prof, un conseiller à la Mairie de Mutsamudu. Pour le préfet, Ali Boura, ce sont des rebelles malintentionnés de la diaspora qui ont éparpillé rumeur comme une trainée de poudre. « Ces rebelles inconnus pensent qu’ils vont gagner, jamais. Nous sommes dans un état de droit et la démocratie règne », dit-il, avant d’ajouter que « il n’y a rien d’anormal, et on va au travail ».


De leur côté, les citoyens ont des avis partagés. Certains témoignent même qu’ils n’ont pas ouvert leurs lieux de travail puisque ils ne connaissent pas la finalité du mot d’ordre. En simple rappel, le message est passé dans les milieux scolaires, donc aucun parent n’a osé envoyer son enfant à l’école.


Force est de constater que si les toutes premières heures de la matinée de mercredi on a pu observer des images d’une ville fantôme, les activités économiques reprennent timidement et les habitants commencent à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Chauffeurs de bus et taxis, pharmacies, stations service, aéroport, port, banques et boutiques ont progressivement ouvert et travaillé jusqu’en fin de journée.


D’où vient le mot d’ordre ? L’ancien procureur Général, Soilih Mahamoud alias Sako sourit en répondant que « journée ile morte avec les banques ouvertes en temps réel, c’est de l’ironie. Tout va bien et je fais toutes mes activité depuis ce matin ». A noter que le retard constaté en début de matinée n’aura pas duré longtemps. Enfin de compte, personne ne sait d’où vient le mot d’ordre, puisqu’aucune organisation politique ou syndicale n’a publiquement revendiqué la paternité de cette action de désobéissance civile.


Nabil Jaffar

 


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