Samedi dernier a été lancé officiellement à Mrodju, le Festival des communes de Ngazidja par la gouverneure et le président de l’association des maires de l’île. Ce Festival est une manifestation culturelle et populaire portée par l’Association des Maires de Ngazidja, les Maires et le Gouvernorat de Ngazidja, et qui sera réalisé en partenariat avec le Département de la Seine-Saint-Denis, l’Ambassade de France en Union des Comores, la Communauté Urbaine de Dunkerque, Africolor et le Département de la Réunion. La cérémonie de lancement a vu la participation de nombreuses personnalités, des Maires et des artistes. Le Département de Seine Saint Denis a été représenté par Nicolas Bouroumeau, chargé de projets au Service international du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis.
L’idée d’organiser un tel festival a germé il y a plus de trois ans au sein des associations de la diaspora de la Seine Saint-Denis dans la région parisienne sous la houlette d’Africolor. Cette association est en quelque sorte une des chevilles ouvrières. Le festival Africolor a été fondé par Philippe Conrath en 1989. C’est le plus grand festival de création autour des musiques africaines. Africolor est la vitrine de l’Afrique vivante d’aujourd’hui : urbaine, cosmopolite, politisée, déchirée parfois, traversée par des conflits qui reflètent les appétits mondiaux, branchée sur la sono mondiale, mais aussi tournée vers son patrimoine, ses épopées, ses ancêtres. Sans rien renier de l’universel, Africolor programme les musiques africaines parce qu’elles apportent quelque chose d’unique à l’Histoire de la musique.
L’association Ulanga-Ngazidja qui fait partie des partenaires du projet, appuie l’équipe de coordination du festival grâce à son réseau sur le plan local et à sa connaissance du développement communautaire. La mise en œuvre du projet est basée sur la participation des populations aux décisions, l’organisation d’un festival pluridisciplinaire et enfin un partenariat avec les autorités locales. Le projet du Festival des Communes est de faire en sorte que des jeunes artistes de divers horizons et disciplines puissent être sélectionnés dans chaque commune, puis dans chaque région pendant plusieurs mois, avant de se retrouver à concourir lors d’une finale insulaire.
Au-delà de l’aspect culturel du projet, des débats seront organisés dans les différentes localités et régions de l’île sur le rôle à jouer des nouvelles mairies, la place de la culture, des femmes et des jeunes dans la société. Le festival est pensé comme un outil au service des communautés locales. Les dynamiques de concertations, le renforcement des liens entre les groupes sociaux est un des grands objectifs du projet.
Un des objectifs majeurs à atteindre est la revalorisation du patrimoine culturel de l’Ile et son réappropriation par sa jeunesse, contribuant ainsi à ce que les jeunes ne perçoivent plus là où ils vivent comme un espace à quitter mais plutôt à construire. D’aucuns pensent que le projet est ambitieux eu égard aux difficultés que connaissent nos communes actuellement. Cependant la structure organisationnelle conçue pour chapeauter cet événement permettra de développer des campagnes de sensibilisation et de mobilisation à travers l’île et de conduire à bon port le projet. Des comités d’organisation locaux et une structure de coordination doivent s’occuper de toute la logistique en attendant les élections communales de fin février et la mise en place des nouveaux conseils communaux. Pour l’heure les activités ont bien commencé avec le lancement opéré le samedi et qui augure de bonnes perspectives pour la suite.
Mmagaza
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