Dans le but de protéger la population contre le nouveau variant du coronavirus, le gouvernement a pris des nouvelles mesures restrictives. Des mesures qui jusqu'alors impactent fortement le secteur commercial. Les marchands contraints de fermer leurs activités à 16 h, voient leur gain réduit de 10%. Et des produits qui devaient se vendre en une journée trainent jusqu’à trois jours. Ce qui cause des pertes en termes de chiffre d’affaires, la dégradation du produit sinon la perte d’invendus.
Dans une période où plusieurs activités se trouvent fortement réduites pour raison de crise sanitaire, la vie quotidienne devient de plus en plus compliquée pour les marchands. On découvre que plus de 70% de la population vit mal dans cette période de durcissement des mesures contre la covid-19. C'est un constat que révèlent les femmes marchandes des marchés de Volo-Volo et de Grimaldi. Bien que les mesures prises par le gouvernement ont pour but de promouvoir la santé commune, Maman Nadia vice-présidente de l'association des femmes marchandes de Volo-Volo constate que leurs activités sont réduites depuis janvier dernier. « Nos activités sont réduites et dans cet espace commercial, ce sont les femmes qui dominent dans le commerce. Beaucoup d'entre nous (femmes) avons des difficultés. Si on ne vend pas, on mange difficilement », dit-elle avant de poursuivre que « avant la covid-19, les marchands vendaient jusqu'à 60% de leurs produits et maintenant un sac de manioc traine pendant trois jours ».
Concernant les mesures restrictives, la population s'indigne de plusieurs conséquences liées au couvre-feu. Pelé, vendeur de brochette à DHL, explique : « je ne suis pas contre le couvre-feu mais contre les heures fixées. Si l'on pouvait le prolonger jusqu'à 22h on peut bien gagner notre vie. Je pouvais cuir deux cartons d'ailes de poulet et maintenant avec 5 kg, mon stock reste jusqu'au lendemain. J'implore le gouvernement de revoir les heures car on peut vivre avec le virus ». Nouraya également vendeuse de brochettes à Rive-Gauche montre qu'elles étaient 10 femmes à travailler et maintenant elles ne sont plus que 4 depuis que le gouvernement a imposé le couvre-feu à 20h. « Avant j'arrivais à avoir jusqu'à 30 000 FC de recettes par jour même plus. Maintenant du matin au soir, je gagne au moins 10 000 FC », indique-t-elle. Pour ceux qui pratiquent ce genre d'activités, c'est dans la nuit que tout le monde a besoin de manger des brochettes avec sa copine ou son copain. Donc il s'agit d'un travail nocturne.
Il n’y'a pas que les vendeurs des brochettes qui regrettent l’impact lié au couvre-feu. Les propriétaires des magasins pleurent des actes de vandalismes en plein couvre-feu. Youssouf Saïd vendeur des vêtements et des parfums à Moroni Ambassadeur n'arrive pas toujours à comprendre pourquoi il y a tant de vols en plein couvre-feu. « La police nationale et la gendarmerie parcourent la capitale pour faire respecter le couvre-feu, et derrière cette patrouille on trouve des magasins vandalisés et des voitures cambriolés le matin. Moi heureusement on a voulu entrer dans mon magasin mais la grille de protection à l'intérieur a pu empêcher le vol. Mais la porte avant a été saccagée et c'était dans la nuit du 13 février dernier », dit-il. En tout cas ce ne sont pas seulement les magasins mais les maisons sont également cambriolées pendant la nuit. Certains expliquent que tels sont les conséquences du couvre-feu, car à 20h tout le monde rentre chez soi et les voleurs font leur méfait malgré la police. L'opinion publique ne demande pas la lever du couvre-feu, mais plutôt son assouplissement.
Kamal Gamal
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