La Gazette

des Comores

Le dernier hommage au « Maître »

Le dernier hommage au « Maître » © : HZK-LGDC

Le village de Dzahadjou Hambou a rendu un dernier hommage à Soule Mohamed Soilihi (Mvadjoho) décédé dans la nuit du jeudi 02 décembre dernier. Homme de culture, « Le Maitre » était un être modeste et souriant.


Le maitre ! C’était comme ça qu’on l’appelait partout. Très connu pour sa grande culture et sa passion pour l’enseignement, Soulé Mohamed Soilihi a rendu l’âme, vendredi 3 décembre, à Dzahadju Hambu, sa ville natale, à l’âge de 57 ans. Vendredi dernier, un dernier hommage lui a été rendu en présence de quelques personnalités de sa génération dont Idi Boina, des enseignants et amis. Son décès avait suscité une avalanche d’hommages notamment chez ses anciens enseignants, ses élèves et collègues qui ont tous salué la mémoire d’un homme d’une grande culture. « J’ai eu la chance de l’enseigner en classe de 6e et 5e et j’avoue qu’il était un bon élève et si respectueux », témoigne Said Toihir, un de ses enseignants.

Bachelier des années 86, Mvadjoho, comme aimaient l’appeler les intimes, avait dédié sa vie à l’enseignement. Il a fait sa scolarité à l’école primaire publique de Dzahadjou Hambou. Homme de culture, il a fait le service national de 1986-1987 en qualité d’enseignant de Français-Anglais au collège rural de Singani. Après ses études universitaires à l’Ecole Nationale d’Enseignement Supérieur de Mvouni (ENES) dans la section Histoire-Géographie, il a commencé à enseigner le Français et l’Histoire-Géographie dans divers établissements d’enseignement secondaire publics et privés du pays. Membre fondateur de l’école privée Mtsachiwa, il a enseigné ces deux matières durant toute sa carrière. Notamment au collège rural de Singani, celui de Mlauni d’Itsinkudi ya Washili, Shindini, Fumbuni, sans oublier le collège de Vuvuni, pour ne citer que ceux-là. « Mvadjoho, comme on l’appelait affectueusement était une personne modeste. On l’aimait par son sourire et donnait de l’amour à tout le monde », souligne Toihir Mohamed Soilih, un proche de feu Soule Mohamed Soilih.

Né en 1964 à Dzahadjou Hambou, membre du Front Démocratique (FD), Soulé Mohamed, tout comme les autres jeunes de son époque, est passé au lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni, de la seconde à la terminale aux côtés de Boinaidi Abdou Elghaniou, actuel président du conseil d’administration de la Meck-Moroni, de l’ex-vice-président Djaffar Ahmed Saïd, ou encore de la présidente de la nouvelle Opaco, Sitti Djaouharia. « Msa a gardé le même sourire malgré la maladie qui l’a beaucoup affecté. Jeune, adulte ou même vieux, il se voyait au même niveau », avance-t-il.

Père de trois enfants, dont deux garçons et une fille, Soulé, était aussi une référence, un pilier de la jeunesse de Dzahadju où avec d’autres jeunes, ils ont créé l’Acj. Une association qui, pendant plus d’une décennie, a contribué au développement du village aussi bien sur le plan social qu’éducatif. Toujours avide de savoirs et passionné de lecture il s’était envolé pour la France, en 2000 pour suivre une formation.

 

Victime d’un Avc, il a dû rentrer au pays en 2003. Malgré sa maladie, il marchait difficilement et a été affecté en tant que surveillant au collège rural de Singani. Rappelé par Allah vendredi 02 décembre dernier, «Le Maitre» restera à jamais dans les cœurs de la jeunesse, qu’il a tant servie. 

Nassuf Ben Amad

 


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