L’Autorité nationale de régulation des TIC a pris la décision de fixer les tarifs planchers des offres voix mobiles et Data sur les réseaux des opérateurs titulaires de licence en Union des Comores. A Comores Télécom, le régulateur a fait enlever l’illimité de Huri intense de 10 000 FC et le Huri Champion de 15 000 FC.
Après avoir modifié les tarifs voix, l’Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et des télécommunications (ANRTIC) vient de modifier à niveau les tarifs de la Data. Les appels on-net sont fixés à 5 FC la minute et les off-net à 10 FC la minute. La data est fixé à 0,30 FC/Mo pour les offres groupés et 0,50 FC/Mo pour les offres de pure data. « C’est un début de processus pour l’équilibrage des tarifs. Nous avons tout d’abord encadré les tarifs de la voix, il y a de cela 6 mois. Et aujourd’hui, on a révisé les tarifs de la data », explique Taoufik Mbae, le directeur technique de l’ANRTIC. Selon lui, l’ANRTIC a constaté une perte de la valeur du marché globale qui s’explique par des tarifs concurrentiels abusivement bas par rapport aux investissements réalisés et la rentabilité escompté des opérateurs. Et en commun accord, ils ont décidé de revoir les tarifs. « Tout ce qu’on a fait, les deux opérateurs étaient demandeurs », précise-t-il.
Pour ce qui est de la révision de la data, l’ANRTIC a fait enlever l’illimité de Huri intense de 10 000 FC et le Huri Champion de 15 000 FC. Et cette dernière est pointée du doigt par le régulateur en le qualifiant de « commerce irréfléchie ». « Selon notre réglementation, l’illimité n’est pas exclu mais ils n’ont pas fait les considérations économiques qu’il fallait. A noter aussi que l’illimité n’est pas conforme à la réglementation de la décision d’encadrement des promotions et bonus ». Selon le directeur technique de l’ANRTIC, ils ont comme rôle de veiller à ce que les intérêts des opérateurs, de l’Etat et du consommateur soient respectés. Mais ce dernier est loin d’être respecté.
L’Association des Consommateurs des Tic estime quant à elle que cette énième décision du régulateur est un recul par rapport aux acquis et avantages qu’on a eu de la concurrence. « L’ANRTIC ne fait qu’augmenter la fracture numérique. De toutes les études qui ont été faites, aucune n’a recommandé la hausse des tarifs ou bien la réduction de la data », précise Hamidou Mhoma, le président de l’ACTIC. Selon lui, c’est une atteinte au pouvoir d’achat de la population. « Au lieu d’alléger, il continue de le consommateur », poursuit-il, avant d’ajouter que « la manière dont l’ANRTIC régule les tarifs, c’est comme si l’internet est un produit de luxe. Et pourtant c’est un service assimilé à un produit de première nécessité. Ils disent qu’on détruit la valeur du marché par des décisions insensé. Et pourtant ce sont eux qui ne cessent de le faire ».
De son côté, Comores Télécom a confirmé que l'ANRTIC lui a fait enlever l'illimité, sur le Huri Intense 10.000 fc et le Huri Champion 15.000 fc. « C'était un avantage compétitif important que nous avions sur notre concurrent et une offre pour satisfaire nos plus gros consommateurs. Évidemment, nous sommes déçus mais nous ne pouvons que nous soumettre aux décisions du régulateur, montre Antoisse Ezzidine, consultant en communication à Comores Télécom. Heureusement que pour nos clients résidentiels, nous pouvons leur offrir une alternative qui est le Nafassi Fibre, notre offre tripleplay ». Et tout comme les consommateurs, ils se disent déçus. « Nous sommes déçus pour nos clients qui ont déjà acquis de grandes habitudes avec nos forfaits illimités, incluant ceux et celles utilisant les Huri Box mais nous nous soumettons à ces nouveaux tarifs décidés par le régulateur dont l'objectif communiqué est de protéger le secteur des télécommunications. Nous continuerons en tout cas à améliorer nos services et notre proximité avec la population ».
Quant à Telma Comores, ils n’ont pas d’autre choix que de se soumettre à la décision du régulateur. « On nous a menacé et nous débrancher de Comores Câble. Et on ne peut que nous soumettre », indique un responsable du deuxième opérateur de la téléphonie mobile aux Comores. Selon lui, les modifications apportées sur leurs tarifs sont flagrantes. « Soit on diminue le volume soit on augmente les tarifs. Et on se demande sur quelle base et fondement ils ont fixé ces tarifs planchers », s’interroge-t-il. Toutefois, l’on se demande où s’arrêtera l’ANRTIC dans ses révisions à l’emporte pièces, après avoir déjà modifié les tarifs voix et data.
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