Il a été interdit au gouverneur de l’île d’Anjouan d’accéder au port de Mutsamudu. Anissi Chamsidine avait l’intention de rencontrer les autorités portuaires et s’enquérir de la situation relative à l’opération Wuambushu, après la rencontre à Paris les 8 et 9 mai dernier entre les autorités comoriennes et françaises. Samedi dernier le conseiller juridique de la SCP (société comorienne des ports), Ahmed Malidé a tenté de démontrer lors d’une conférence de presse que le gouverneur n’avait informé personne qu’il serait au port. Information vite démentie par le porte-parole de l’exécutif insulaire.
La réaction du conseiller juridique contredit un communiqué publié par la direction générale de la SCP. Qui ment ? Dans le communiqué, la direction générale « déplore le désagrément causé au gouverneur d’Anjouan, et rassure qu’à l’avenir et dans les meilleures conditions de coordination entre nos deux administrations, un tel évènement sera mieux organisé dans le respect des protocoles d’accueil d’une autorité » aux ports de la SCP. Le conseiller juridique entouré de la capitainerie insiste que « le gouverneur n’avait informé personne qu’il allait descendre au port pour une telle ou telle opération ».
De son côté, le porte-parole du gouvernorat, Nail Jaffar persiste et signe que « le gouverneur avait eu l’accord du directeur régional du port de Mutsamudu. Ce dernier a informé le directeur de cabinet que le rendez-vous n’est pas autorisé par la hiérarchie, donc désolé, monsieur le gouverneur ». Contacté par La Gazette des Comores, le gouverneur Anisse Chamssidine annonce qu’il s’est beaucoup exprimé sur le sujet Wuambushu et qu’il laisse la place aux autres.
Toutefois, l’opinion publique reste mitigée sur le sujet. « Ces gens de la SCP font honte à la nation, car ils ne maitrisent pas la constitution. Le gouverneur peut aller où il veut car, il est le premier magistrat du l’ile », disent-t-ils. D’autres montrent que la volonté d’humilier le gouverneur n’était pas intentionnelle, mais le conseiller juridique ne maitrise pas la constitution s’agissant du rôle du gouverneur dans l’ile. « En tout cas, quoi qu’il arrive à Anjouan, le chef de l’Etat demande en premier au gouverneur de l’ile », lâche le porte-parole du gouvernorat d’Anjouan.
Des élus de la nation (députés d’Anjouan) et des cadres de l’institution contestent farouchement la réaction des autorités portuaires. Des membres influents du parti JUWA adhèrent à l’engagement du gouverneur contre l’opération Wuambushu. A noter que rien n’oblige le gouverneur de demander rendez pour accéder au port. Des ministres font ses visites inopinées dans des institutions.
Nabil Jaffar
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