Les enseignants de l’université sont vent debout contre la rentée annoncée pour le 16 mai prochain. Au regard du contexte pandémique actuel, ils exigent en amont la mise en place de mesures de prévention et de protection aussi bien au niveau du personnel qu’au niveau des étudiants. Le paiement des deux mois d’arriérés de salaire s’invite parmi les revendications.
Devant la presse nationale lundi dernier, le secrétaire général du Sneuc, le syndicat des enseignants de l’Université, se montre hostile à la reprise des cours universitaires le 16 mai prochain. En l’absence d’un plan pour des mesures de protection contre le coronavirus, Abdou Said Mouignidaho ne voit pas la rentrée faisable. Autre point d’achoppement face à l’initiative des autorités, le non paiement de deux mois de salaires desdits enseignants. Et il n’en démord pas.
« Nous avions fait une grève récemment. Parmi les discussions que nous avons menées avec le gouvernement, la demande d'être payés à temps. Pourtant, nous accusons deux mois d'arriérés de salaire alors que les autres agents de l’Etat sont payés. Donc, il est clair que le gouvernement n'a pas respecté notre requête », déplore celui qui espère tout de même que le gouvernent rectifiera le tir au prochain paiement.
Par ailleurs, Abdou Said Mouignuidaho est revenu sur la question de la crise sanitaire mondiale du Covid-19. Pour lui, aucun plan de sécurité n'a été élaboré en vue de la rentrée pour faire barrage à cette épidémie. « Comment peut-on rouvrir les classes sans le moindre plan », s’interroge-t-il. « Pour que cela soit possible, il faut un plan pour le respect des consignes de barrière contre la propagation de la pandémie de Covid-19 », revendique celui qui affirme que l’administration n’a jamais daigné se pencher sur la question.
Le syndicat réitère que dans les conditions actuelles, « la rentrée universitaire n'est pas faisable ». Et pour cause: « Rien que le respect des mesures contre la propagation de la pandémie Covid-19, n'est pas encore étudié. On peut avoir des masques pour les enseignants. Mais, la distanciation sociale ne sera pas une sinécure avec une salle de cent étudiants » ou plus.
Pour lui, il faut bien étudier tous les paramètres afin de lutter contre la propagation du virus. « Il faut partager chaque classe en trois groupes, pour bien respecter la distanciation sociale. Et dans ce cas, les heures de cours vont changer », recommande-t-il tout en se demandant si en effet les enseignants seront payés pour ses heures supplémentaires. Le Sneuc qui campe sur sa position appelle ainsi le ministère de l'éducation à revoir sa copie sous peine de faire choux blanc.
Nassuf Ben Amad
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