Une grève des chauffeurs est déclenchée depuis ce dimanche à Mohéli. Le syndicat régional de Wsukani wa massiwa réclame une régularité des assureurs avec toutes les conditions requises pour une assurance. Ils pointent également du doigt l’application du nouveau code de la route. Et ce lundi matin, plusieurs voitures et motos sont ramassées et parquées à l’escadron de Bonovo pour cause d’assurance.
Ce dimanche matin, les chauffeurs de l'île de Djumbé Fatima ce sont rencontrés sur la place de l'indépendance. L'objectif était de revoir ensemble les nouvelles mesures prises sur la circulation routière. L'application du nouveau code, le payement des vignettes, patentes mais surtout l'assurance, laquelle constitue le point d'achoppement. Pour ces chauffeurs, « les assureurs viennent ici ramasser de l'argent et pendant l'accident on ne les voit plus » s’indigne Antoine Bacar le président régional du syndicat des transporteurs à Mohéli. « Ces assureurs devaient avoir un redresseur agréé, un mécanicien, et une casse avant de se mettre au travail » dit-il. Ce jeune syndicaliste explique qu’ils ont entamé des négociations avec les assureurs et que rien n'est encore mis en place. Pendant ce temps, la gendarmerie immobilise les véhicules pour défaut d’assurance alors que chauffeurs ne veulent plus entendre parler d'assurance obligatoire sous des telles conditions.
Les deux principales entrées de Fomboni étaient transformées dès lundi matin en un point de contrôle assurance par la brigade routière de la gendarmerie. Plusieurs motos et voitures qui ne suivaient pas la grève étaient immobilisées et parquées à l’escadron de Bonovo pour cause d’assurance. Tôt le matin, le bus de l’école communautaire ECRF (Gambé foro) a été obligé de faire descendre tous les élèves et parmi eux des enfants en bas âge pour permettre le bus d’être parqué. Certains de ces gamins ont dû faire demi-tour pour regagner leurs domiciles.
Pour le patron d’Assurances Générales des Comores Mohamed Soibrou Ed-dine qui a élu domicile à Mohéli depuis 7 ans déjà, il dit n’avoir jamais reçu une quelconque invitation pour des négociations avec le syndicat des chauffeurs. Et ce directeur général assure que son assurance a fait le choix de « le Roi », le bon redresseur indiqué dans l’île. Et pour les pièces de voitures, « je ne suis pas obligé d’avoir une casse à Mohéli », assure celui pour qui l’acheminement des pièces de rechange depuis Moroni « ne pose pas problème ».
Quant à l’accusation selon laquelle les assureurs ramassent de l’argent et disparaissent, notre interlocuteur regrette le fait que tous les transporteurs soient mis dans le même panier. « Personne ne peut me prouver que depuis 7 ans que je suis à Mohéli, j’ai eu à gérer un tel souci », se défend-t-il. Pour les chauffeurs, le nouveau code est encore difficile à mettre en œuvre car il manque des panneaux de signalisation sur la route, et des parcs de stationnement. Et ils comptent poursuivre leur grève jusqu’à ce que leurs doléances soient prises en compte. Du moins c’est ce qu’ils ont annoncé.
Riwad
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