La Gazette

des Comores

Les couturiers battus à plate couture par le coronavirus  

Les couturiers battus à plate couture par le coronavirus   © : HZK-LGDC

En cette fin du mois de ramadan où la demande est généralement très élevée, les vendeurs informels et les couturiers enregistreraient un manque à gagner de 65%. La crise sanitaire mondiale de coronavirus qui n’épargne aucun sectateur, est passée par là. 


Durant ces dix derniers jours, la capitale change habituellement de visage. Dans la journée comme dans la nuit, les rues, notamment commerçantes, sont bondées de monde. Mais avec l’arrivée de la Covid-19, rien n’est plus comme avant. L’épidémie a tout bouleversé, le commerce semble être le plus touché. 

 

Bien qu’ils soient conscients que la prière collective de l’aïd el-fitr et tout le rituel subséquent sont incertains à cause des mesures contre la propagation de l’épidémie*, les citoyens envahissent moyennement les marchés de Moroni pour acheter des vêtements neufs et des produits de première nécessité. 

 

Ce qu’on peut retenir de ce business, les vendeurs fixent le prix selon leur convenance. Une pratique qui a la peau dure à chaque fin de ramadan où les consommateurs n’ont plus d’alternative. « Quel que soit le prix, le consommateur doit acheter », lance un vendeur de bottes, peu scrupuleux. 

 

Il n’a pas tort même si l’on constate que cette année, la donne a quelque peu changé. « Nous ne pourrons pas rester sans habiller nos enfants comme il est de coutume. Je suis venu à Moroni accompagné de mes deux garçons pour que chacun puisse acheter ce qu'il veut. Mais nous sommes contraints de faire vite afin de pouvoir rentrer de bonne heure sous peine d’être condamnés à rompre le jeûne à Moroni faute de taxis. Et tout ça à cause de la Covid-19 », souligne Saidat Ibrahim, rencontrée au marché en ces temps où le syndicat des transporteurs et les autorités sont en mauvais termes à cause de la réduction du nombre des passagers. 

 

Pour les musulmans, et même pour les faux dévots, le jour de l’aïd est une occasion de se faire beau. Les boubous cousus à la main deviennent légion. Les ateliers de couture sont débordés. Seulement cette année le coronavirus en a décidé autrement. Le carnet de commandes est quasi vide. 

 

« À chaque mois de ramadan, surtout pendant la dernière décade, je reste dans mon atelier jusqu'à minuit à cause des commencent que débordent. Cette année, je n'ai que 11 boubous à coudre et je », confie non sans amertume Foundi Abdoulkarim basé à Moroni Ambassadeur, prédicant que la majorité de ces quelques travaux concernent la retouche. C’est peu dire que ce secteur subit les conséquences économiques fâcheuses de la covid-19. 

 

Kamal Gamal

 

*C’était après notre reportage que les autorités religieuses ont, par la voie du mufti de la République, annoncé que la grande prière collective de l’aïd n’aura pas lieu.

 

 


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