La Gazette

des Comores

Les mesures restrictives plus dangereuses que le virus lui-même ?

Les mesures restrictives plus dangereuses que le virus lui-même ? © : HZK-LGDC

Pour prémunir la population contre le nouveau variant du virus, le gouvernement a décidé de renforcer les mesures de restriction, plus précisément le couvre-feu et la fermeture des écoles. Bien que ces mesures sont d’ordre préventif, mais elles impactent la vie quotidienne de toute la population qui regrette le manque d’accompagnement étatique dans cette situation de crise sanitaire et sociale.


Mourir de faim est-ce préférable que d’attraper le virus juste le soir ? En tout cas machinalement, dans des situations tendues telles que la crise sanitaire actuelle, les uns tirent toujours profit sur les autres. Sur la gestion de cette crise sanitaire, certains larmoient tandis que d’autres s’enrichissent. Alors que le pays fait face à une seconde vague plus virulente, l’Etat tarde à débloquer les moyens financiers nécessaires pour accompagner la population à supporter les nouvelles mesures de restriction, notamment le couvre-feu imposé de 20h à 5h du matin, puis la fermeture récente des établissements scolaires.

Pour s’imprégner de comment certains individus vivent leur quotidien dans cette période, Mohamed Ali alias Solo estime que les autorités du pays doivent réfléchir sur la précarité des conditions de vie de larges couches de la population. « C’est normal de vouloir nous protéger contre la maladie. Mais quand on observe la vie des comoriens, la logique serait de concevoir une stratégie permettant à la fois la protection et le quotidien de toute la population. Cela fait une semaine que je mange difficilement avec ma famille, car je suis accoutumé à vendre des brochettes le soir pour vivre, avance-t-il. 

Ce père de trois enfants s’interroge sur cette situation. « Le gouvernement se rend compte du nombre de familles dont le quotidien dépend de leur travail du soir. Que le gouvernement recense le nombre des femmes et hommes qui travaillent non par plaisir mais par nécessité à rive gauche, Karthala et autres lieux. Peut-être, il se rendra compte de toutes ces victimes qui peuvent mourir non par la maladie mais par la faim si cette situation perdurait », poursuit-il.

En ce qui concerne la fermeture des écoles, la plupart des directeurs des établissements y voient une raison. Mais se posent des questions sur la logique de la situation. « Personne ne peut dire qu’un médicament ou un traitement efficace contre le virus sera bientôt trouvé. Donc est-ce normal de stopper l’enseignement et plonger également les enseignants et les écoles dans une crise économique et financière. Jusqu’à quand ? », s’interroge Moussa Abdou directeur du groupe scolaire Avenir. Pour Ali Omar, directeur de l’EIK (Ecole Ibn Khaldun), il fallait suspendre les cours dans les préscolaires et primaires et laisser les collégiens et lycéens poursuivre l’école. « Je sais que beaucoup d’écoles s’étaient déjà préparées aux examens du premier trimestre. Mais le gouvernement en a décidé autrement », dit-il.

Kamal Gamal

 


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