Des efforts ont été réalisés par le PNM (Parc national de Mohéli) en matière de conservation et de protection de la biodiversité. Cependant, les pressions anthropiques ne cessent de s’exercer sur l’environnement. Et les destructeurs arrêtés lors des multiples opérations de surveillance, selon le PNM, ne reçoivent pas les peines normales lorsqu’ils se trouvent devant le tribunal. Une situation insupportable pour les défenseurs de l’environnement.
Depuis sa création, le Parc national de Mohéli comptabilise 21 ans d'existence. Plusieurs expériences ont été faites et de nombreuses activités réalisées justement pour garantir et stabiliser l'équilibre de la nature. Au total 10700 arbres sont plantés à Mohéli dont 5000 arbres dans les berges de Djando, 5000 arbres dans les sites à Padza dans la région de Djando avec la création d'au moins 2 parcs à bois et 500 arbres plantés pour la restauration de la rivière Msutruni. Pour garantir la régénération de ces arbres et lutter contre les trafics illicites faits dans les zones contrôlées par le PNM, 1848 surveillances ont eu lieu sur les forêts et bassins versants dont un total de 393 sur le secteur de Fomboni, 542 à Djando et 913 dans la forêt de Mlédjélé.
« 44 patrouilles ont été réalisées sur la zone côtière et en haute mer. Deux autres patrouilles ont été également opérées avec les forces de l'ordre pour interception des planches à bois illicites » a fait savoir Moussa ben Anthoy, le chargé des bassins versants, forêts, écosystèmes terrestres et espèces associées au PNM.
Les résultats obtenus lors de ces multiples travaux de terrain sont alarmants selon ce technicien. « Cette année, 12 arrestations ont été enregistrées par les éco-gardes du parc mais malheureusement personne n'a purgé la peine normale prévu par le code pénal » regrette un acteur vigilant du parc. Une personne a été interpelée pour une pêche illicite au fusil. Il y a eu 5 arrestations pour abattage illicite d’arbres. Deux autres personnes ont été interpelées pour trafic de planches à bois et 4 personnes pour braconnage de tortues.
« Les auteurs de ces infractions ne reçoivent pas les peines normales prévues par le code pénal et les textes en vigueur, sous prétexte que la maison d'arrêt de Badjo ne dispose pas de la capacité d'accueil requise surtout en cette période de crise sanitaire liée au covid-19 » regrette Moussa ben Anthony lors de la réunion annuelle du comité de gestion. Selon lui, un autre problème s'y ajoute, « les interférences politiques ne nous permettent pas de corriger sévèrement les destructeurs de l'environnement à Mohéli ».
Malgré cet énorme défi à relever, le PNM ne se décourage pas. Les missions de sensibilisation et d’éducation environnementale menées commencent à donner leurs fruits. Près de 200 demandes de coupes de bois sont déjà enregistrées au cours de cette année et certaines d'entre elles ont été déjà traitées par le PNM en collaboration avec les communes.
Riwad
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