La libéralisation du marché du riz ordinaire prend un tournant décisif. Lors d’une conférence de presse tenue à la salle de conférence de la chambre de commerce à Mutsamudu, un consortium de commerçants sous le nom de "Chahula Komor", a annoncé l'arrivée prochaine de 7 000 tonnes de riz ordinaire, prévue pour la fin du mois d'octobre. Ce volume significatif peut répondre aux besoins de la population.
Tous ont rassuré sur plusieurs points notamment l’objectif de répondre aux besoins de la population. Ils parlent « d’une initiative solidaire pour le bien-être de la population ». À raison de 150 tonnes en moyenne consommée à Anjouan, la quantité importée sera consommée en près de 60 jours. Trois des cinq membres de ce consortium, dont Bakari Saïd Ali, figure influente du secteur privé, ont exprimé leur engagement. «Nous nous efforcerons de maintenir la barre de la consommation à juste mesure. Notre objectif est d’assurer une atmosphère de marché sans surabondance ni pénurie », avance-t-il.
Les commerçants ont insisté sur l’importance d’équilibrer les commandes et la consommation afin de maintenir des prix compétitifs. Leur volonté de proposer des tarifs égaux ou inférieurs à ceux de l'Onicor est un gage de leur détermination à sécuriser l'approvisionnement alimentaire. « Une commande stratégique pleine d’implications », selon le patron de l'établissement Halibou fils, directeur de la CCIA Anjouan. La commande de 7 000 tonnes provient d’un fournisseur indien. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les fluctuations des prix et les ruptures d'approvisionnement sont fréquentes, menaçant directement la sécurité alimentaire de l’archipel.
Cependant, cette libéralisation du marché soulève aussi des questions et des défis. Le système de distribution doit être optimisé pour éviter toute forme de pénurie ou de surcroît. La coordination entre les différents acteurs du marché, y compris les économies locales, doit être renforcée. Les interférences politiques et les réglementations commerciales complexes risquent d'entraver la fluidité des opérations. Pour surmonter ces obstacles, les commerçants ont exprimé leur volonté de dialoguer avec les autorités locales afin de créer un cadre réglementaire favorable à un commerce équitable et transparent. Le riz est sur commande conventionnelle et non en conteneurs pour l'objectif de mettre le produit à la disposition de tous en un temps record vu l'urgence.
Les premiers échos au sein de la population semblent plutôt positifs. Les consommateurs paraissent globalement satisfaits à l’idée d’un éventuel succès de la libéralisation, espérant une baisse des prix en conformité avec la loi de la concurrence puisque ces commerçants bénéficient du même traitement que celui l’Onicor. Les progrès en matière de transparence dans les transactions commerciales pourraient également renforcer la confiance des acheteurs.
En ce qui concerne les perspectives de marché, ils envisagent d’élargir leur offre en diversifiant les qualités et types de riz disponibles à la vente. L’introduction de ces 7 000 tonnes pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour le marché du riz aux Comores. Outre cela, le succès de la libéralisation du riz ordinaire dépendra de la capacité des commerçants à maintenir cet équilibre délicat entre l’offre et la demande tout en préservant l'intégrité de la qualité des produits. L’arrivée prévue de ces 7 000 tonnes d’ici le 27 octobre est donc à surveiller avec attention.
Younès
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