L'agence nationale de développement du numérique a lancé hier jeudi 1er octobre à Moroni, la 2e édition de « Libérer les Énergies ». Après une première édition généraliste en 2020, celle de cette année se recentre sur le numérique et les énergies renouvelables pour révéler, accompagner et mettre en lumière les entrepreneurs comoriens d'ici et de la diaspora.
C'est en présence du conseiller technique du ministère de l'énergie, de l'eau et des hydrocarbures, de tout le staff de l’agence, de la coordinatrice du projet ANP, et du directeur des énergies renouvelables que la conférence de presse s'est tenue. L'initiative, portée par l'agence nationale de développement du numérique (ANADEN), vise à identifier et accompagner des porteurs de projets autour de deux leviers essentiels pour le développement économique, à savoir la création d'emplois et la compétitivité. Contrairement à la première édition ouverte à tous les secteurs, cette deuxième opère un recentrage stratégique. « La première édition était ouverte à tous les secteurs d'activité. Aujourd'hui, on s'est juste focalisé sur l'énergie et le digital », a-t-on rappelé. L'enjeu est d'aller au-delà d'un simple concours pour épauler durablement les jeunes, entrepreneurs, techniciens et innovateurs, avec des solutions concrètes en énergies renouvelables, efficacité énergétique, accès à l'énergie, gestion intelligente des ressources et numérique appliqué au secteur énergétique.
Le concept repose sur un format inédit : une compétition télévisée. Le public pourra suivre l'évolution des candidats, de l'idée à la solution viable. Concrètement, l'idée est de répondre aux problématiques concrètes du quotidien des Comoriens. C'est ce qu'a souligné la coordinatrice du projet ANP : « L'objectif, c'est que l'on trouve des solutions qui répondent aux problématiques auxquelles les Comoriens font face aujourd'hui. Il ne s'agit pas de sélectionner un gagnant, mais surtout une solution ». Une démarche où les téléspectateurs pourront d'ailleurs voter pour les projets qu'ils jugeront les plus utiles. Côté procédure, la plateforme TRAYA est mise à disposition pour le dépôt des candidatures, ouvertes sur tout le territoire jusqu'au 10 octobre. L'organisation attend 100 à 150 dossiers, avec une possible prolongation de moins de deux semaines. Le concours est ouvert aux résidents et à la diaspora, qui peut soumettre des idées en lien avec le contexte local. Les candidats de l'extérieur retenus seront invités à venir présenter sur place.
Par ailleurs, la sélection se fera en plusieurs phases. Une première présélection dégagera 50 dossiers. Durant la troisième semaine d'octobre, un comité d'opérateurs économiques retiendra 10 lauréats. Ces dix projets intégreront la phase télévisée avec éliminations hebdomadaires. Ils bénéficieront d'un accompagnement de six mois comprenant mentorat, formation, incubation, coaching et émissions pour mûrir leurs idées. Les critères privilégient les solutions concrètes, pérennes et réalisables, et non les grandes infrastructures type centrales électriques. Le meilleur projet recevra 5 millions de francs comoriens. Les organisateurs ont tenu à préciser que ce montant ne doit pas être un frein. En effet, des partenariats avec des acteurs financiers locaux sont prévus pour accompagner les projets nécessitant plus d'investissement jusqu'à leur mise à disposition. Des actions de sensibilisation sont également prévues à Ngazidja, Anjouan et Mohéli. La grande finale est prévue pour le 28 novembre 2026 et réunira cinq finalistes, dont trois lauréats seront récompensés. D'ici là, les candidats intéressés sont invités à postuler et à soumettre leur projet avant la clôture du 10 octobre prochain.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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