Le vice-président Djaffar Ahmed Said annonce l'ouverture d'une enquête militaire, judiciaire et administrative suite aux événements tragiques qui se sont déroulés au début de la semaine dans l'île d'Anjouan. Des actes énergiquement dénoncés aussi par le gouverneur de l'île.
En déplacement dans l'île d'Anjouan au lendemain du lynchage à mort par une foule surexcitée d'un violeur présumé, les autorités politiques ainsi que militaires ont vigoureusement dénoncé l'acte. Interrogé à leur arrivée dans l'île, le vice-président Djaffar Ahmed Said a annoncé l'ouverture d'enquête judiciaire, militaire et administrative à l'encontre des auteurs des actes qu'il qualifie d'« insoutenables ».
Le premier vice-président du président Azali Assoumani dit partager le « sentiment de tristesse et de douleur des familles des victimes » du présumé assassin mais « la société devait éviter de se faire justice elle-même », a-t-il estimé.
Ce magistrat de formation et de profession promet que la lumière sera faite sur des événements dont les images insoutenables publiées dans les réseaux sociaux ont ému l'opinion choquée en découvrant jusqu'où pouvait aller la limite de l'humanisme.
« L'enquête va déterminer et situer la responsabilité de chacun dans cette affaire », a-t-il fait savoir ajoutant que le chef de l'État en déplacement à l'extérieur est informé de ce qui se passe.
Même condamnation pour le gouverneur de l'île Dr Abdou Salami Abdou qui est intervenu le soir même du drame à la station de radiotélévision insulaire. M. Salami qui déplore la « vindicte populaire » qui n'a pas d'après lui une place dans le pays.
« Lynchage abominable », a écrit Mohamed Idriss dans sa page facbook. Ce blogueur de la place qui dénonce la barbarie révoltante, assurément. « Loi du talion », fait savoir Ali Moindjié qui déplore le système judiciaire du pays : « on a dit et redit que les fautes et les négligences de la justice comorienne nous rapprochent dangereusement de la jungle et du chaos... Mais on ne savait pas à quel point », a-t-il écrit. « Nous sommes tous responsables », s'est écrié Ahmed Abdallah Mgueni. Cet ancien rédacteur en chef de La Gazette des Comores qui s'interroge sur ce qu'il appelle le « paradoxe comorien ».
D'après lui cet acte « ignoble est la conséquence de notre attitude depuis l'arrestation de cet homme. Cet homme est victime d'un lynchage médiatique depuis le début. Nous tous avons pris du plaisir à partager dans les médias sociaux, les images de son arrestation avec des commentaires virulents. Ce sont justement ces commentaires qui ont façonné l'opinion ».
« De l'animal dans l'homme », fait savoir Toyb Ahmed, journaliste d’Alwatwan en formation en France, qui se demande comment la « colère et l'injustice peuvent-elles justifier une perte collective de notre humanité ? Je pense que nous devons à chaque fois rejeter avec toute notre force les vindictes populaires. Il ne faut surtout pas que ça rentre dans l'ordinaire ». Et de conclure : « Hier, une porte s'est dangereusement entrouverte. Il faut rapidement la fermer ».
Maoulida Mbaé
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