Le gouvernement comorien vient de céder plus de 553 hectares de terrain sis à Ouallah-Mirereni et Ndrondroni plus une grande partie des îlots de Nioumachoi à la société MCP Holding Comoros pour un projet dit d'hospitalité de luxe et responsabilité civile, projet aberrant et inadmissible pour certains, une aubaine à saisir pour d'autres.
Pour Chahalane Mohamed, directeur de cabinet du gouverneur de l’île, c'est un projet qu'ils ont soutenu dès sa gestation, car il va permettre de réduire le chômage dans le pays et dans l’île en particulier. « Le jeudi prochain, dit-il, une équipe technique séjournera dans l’île pour aborder certains détails qui vont permettre de mieux démarrer le projet ». Et depuis la cession révélée la semaine dernière, les tentions sont électriques sur les places publiques et réseaux sociaux. Eliasse Ezaldine, un citoyen, estime que l’Etat comorien a atteint le summum de l’irresponsabilité par la vente du parc marin de Mohéli et ses îlots sauvages et plus de 500 hectares sur terre ferme à Ouallah-Mirereni et Ndrondroni. « Je condamne fermement ce crime contre le patrimoine national. Il est paradoxalement étonnant qu’au lendemain de l’intégration de Mohéli dans le réseau de biosphère de l’Unesco, le gouvernement comorien avec sans doute une complicité lâche de l’exécutif de Mohéli nous fait des annonces d’une volonté indécente de transfigurer les îlots de Nioumachoi (zones protégées) pour des intérêts de l’Etat inconnus et douteux. La vente d’un patrimoine domanial, de la chose publique sans au préalable consulter la population concernée est un non respect de la règle de droit » soutient-il. Et d'ajouter: « Nous défendons que Mayotte est comorienne et voulons la récupérer mais en même temps nous vendons des parcelles du territoire comorien à des étrangers ».
Quant à Djamal Eddine Yssoufa, également un citoyen comorien de Mohéli résidant en France, il creuse pour chercher qui est Andrea Carrano, le PDG de cette société MCP Holding Comoros enregistrée à Moroni avec un capital de 7.5 millions de francs comoriens soit 15000 euros qu’il juge dérisoire. Et Après avoir décliné sa biographie, il arrive à la conclusion que Carrano est tout sauf un grand investisseur, car ne possède aucun bien hôtelier nulle part.
Quant à Attoumane Hamadi Ali, un jeune cadre de Nioumachoi et enseignant d'histoire géographie montre qu’ils ont déjà deux hôtels dans la région. « Notre région Mledjelé et surtout les îlots de Nioumachoi ne sont pas à vendre. On a déjà 2 grands hôtels à Nioumachoi Vanilla Lodje et Laka Lodge. Le gouvernement doit les appuyer et développer. Par contre, la population a besoin d'une route djando-nioumachoi, un hôpital, de l'eau potable et l'électricité en permanence 24/24h », dit-il.
Une jeune Internaute du pseudonyme Rasoa Tsidiso tente de raisonner les détracteurs de ce projet. « Les Seychelles ont avancé dans le domaine du tourisme grâce à leurs îles. Certaines sont confiées à des grands investisseurs étrangers. Alors où nous sommes, ils ont pu créer des emplois décents. Sur une population d'environ 100 000 habitants, ils comptent 25 000 employés étrangers. Cela veut dire qu'il n’y a pas de chômage. C'est la raison pour laquelle ils font appel à une main d'œuvre étrangère », avance-t-il, avant de s’interroger: « Pourquoi vous ne voulez pas tirer profit de votre paysage favorable au développement du secteur touristique ? » Pour lui l'île de Moheli a plusieurs atouts touristiques et la présence de ce complexe hôtelier va améliorer les conditions de vie de population de la région à potentialités agricoles et de la Pêche.
Riwad
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