La Gazette

des Comores

L’association Faina bat le pavé à Mohéli pour dénoncer les viols d’enfants

L’association Faina bat le pavé à Mohéli pour dénoncer les viols d’enfants © : HZK-LGDC

Une marche pacifique est organisée ce samedi dans la capitale mohelienne Fomboni par l'association Faina. L’antenne de Mohéli de cette association qui a vu le jour il y a quelques semaines dans l’île, se bat contre les violences faites aux femmes mais surtout aux enfants. Le but de la marche est de dénoncer ces actes criminels.


Trop tôt le matin de ce samedi 21 aout des femmes venues des quatre coins de l’île, des jeunes  hommes et adolescents ont répondu présents à l'appel de l’association Faina pour une manifestation pacifique. C’est en face de l’orphelinat AMA (agence musulmane d’Afrique)  dans le quartier Comotel qu'a débuté la manifestation. Ce n’est peut-être pas un hasard de débuter la marche à cet endroit car, rappelons le, 15 enfants, il y a quelques mois, ont été victimes d’actes de viols dans cet orphelinat. Et il y a encore une semaine, une fillette de 3 ans a été violée dans ce même quartier et le présumé coupable a été appréhendé et se trouve aux mains de la justice, un jeune homme d’une trentaine d’années connu sous le nom de Nasser.

La police nationale, les associations villageoises, les organes chargés de la protection des mineurs parmi lesquels l'ASCOBEF, le service d'écoute ont tous pris part à cette marche pacifique organisée par l'association Faina. « Pas d'émergence sans la protection des mineurs », « stop à la violence » ou encore « l'enfant est l'avenir du pays » c’est ce que l'on pouvait  lire sur les pancartes et banderoles brandis par les manifestants.

Cette marche hautement sécurisée s’est arrêté au parking de Salamani après avoir fait le tour de la capitale. Ici plusieurs discours ont été prononcés. Certaines familles dont les enfants ont été victimes de viols ont saisie cette opportunité pour lancer un cri d'alarme auprès des autorités compétente, notamment la justice et la force de l'ordre. « Prenez aux sérieux ce fléau afin de mettre à terme à ces actes de viols à Mohéli » demande Tilak, le père de l’une des fillettes victimes de viol à Djoiezi il y a quelques semaines (lire nos précédents articles).

« Je demande que la justice soit rendue contre celui qui a violé ma fille de 4 ans » exige Tilak cet ancien maire de la commune de Moilimdjini. « Ces pédophiles sont emprisonnés et libérés le lendemain. Ils n’arrêteront jamais ces actes criminels tant qu'une correction sévère ne leur sera infligée » dit-il avant de remercier tous les organes de presse qui ont pris part à cette marche très significative pour lui. « C'est grâce aux médias que l'échos de notre colère est entendu et peut être considéré par le monde entier et surtout par nos autorités gouvernementales ».

Quant à Mme Zaharati Madi du service d’écoute « des maisons sont transformées en des pensions sexuelles et des lieux de rassemblement des ivrognes, des personnes venant de nulle part apparaissent dans nos quartiers avec des cheveux oxygénés sans qu'on se demande qui sont-ils ».

« Il est temps de stopper ce fléau car les prédateurs sexuels sont partout et que chaque femme  prenne ses responsabilité et contrôle sa fille, les gens qu'elle fréquente et le type de jeux qu'elle fait » a conseillé cette battante du service d’écoute de Mohéli.

Pour Mme Tahadhibati Kambi, la coordinatrice de l’association Faina à Mohéli, afin d'endiguer ce fléau il faudrait que les parents, les écoles et les autorités judiciaires chacun à son niveau prenne ses responsabilités comme il se doit.

Riwad

 


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