La Gazette

des Comores

L’aéroport de Mohéli à la merci des eaux de pluies

L’aéroport de Mohéli à la merci des eaux de pluies © : HZK-LGDC

À Mohéli, l’aéroport de Bandar es Salam, infrastructure vitale pour la mobilité de l’île, subit des inondations à répétition. Entre paralysie des activités, conditions de travail dégradées et absence de solutions durables, ces épisodes révèlent les failles persistantes d’un équipement stratégique abandonné en état de vulnérabilité.


L’aéroport de Bandar es Salam, principal point d’entrée aérien de Mohéli, fait face à des inondations récurrentes qui fragilisent son fonctionnement et alimentent une inquiétude croissante. À chaque épisode pluvieux, même modéré, le scénario se répète : des eaux boueuses issues du débordement des canaux envahissent les abords, traversent les routes d’accès et pénètrent jusqu’à l’aérogare. Les pluies des 3 et 4 avril dernier en sont la triste illustration, perturbant en quelques heures l’ensemble des activités. Loin d’être ponctuels, ces dysfonctionnements traduisent un problème structurel. Circulation difficile, accès saturés, opérations ralenties : dès les premières précipitations, l’aéroport se retrouve quasiment paralysé. Une situation qui met en évidence les limites de conception, d’entretien et de résilience de cette infrastructure pourtant essentielle pour l’île.

Pour les habitants, ces scènes sont devenues familières. Mais pour les visiteurs, elles renvoient l’image d’un équipement vulnérable, peu adapté à des conditions climatiques pourtant prévisibles. La diffusion de vidéos sur les réseaux sociaux, notamment lors de la visite du chef de l’État le 4 avril, a renforcé la visibilité de ces défaillances. Les images d’une aérogare inondée et d’espaces submergés ont ravivé les critiques sur l’état des infrastructures à Mohéli. Sur le terrain, les agents évoquent des conditions de travail de plus en plus difficiles. Espaces inadaptés, parking rapidement inutilisable, équipements parfois défaillants : les contraintes s’accumulent, accentuant les risques, notamment en cas d’intempéries en dehors des heures de service.

Malgré tout, Bandar es Salam reste un maillon indispensable pour la continuité territoriale. Les liaisons avec la Grande Comore demeurent limitées, celles avec Anjouan rares, tandis que les vols vers Mayotte ont cessé depuis des décennies, renforçant l’isolement de Mohéli. Au-delà du cas de Bandar es Salam, cette situation révèle un déséquilibre dans la planification des infrastructures nationales, où les équipements dits secondaires peinent à attirer l’attention. Pourtant, leur rôle est déterminant pour la mobilité, l’économie locale et le développement du territoire. Des solutions existent, notamment en matière de drainage et de réhabilitation. Mais leur mise en œuvre tarde, faute de volonté politique et d’une vision globale. À chaque pluie, le même constat persiste : une infrastructure fragilisée, des agents en première ligne et une population toujours en attente de réponses concrètes et durables.

Riwad

 


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