La Gazette

des Comores

L’IA et Journalisme : Cinq jours pour apprivoiser l’intelligence artificielle

L’IA et Journalisme :  Cinq jours pour apprivoiser l’intelligence artificielle © : HZK-LGDC

La formation sur « L’intelligence artificielle au profit du journalisme », organisée par la Commission de l’océan Indien (COI) dans le cadre du projet Gouvernance, Paix et Stabilité, s’est achevée vendredi 23 octobre à Moroni. Pendant cinq jours, onze journalistes venus de Ngazidja, d’Anjouan et de Mohéli ont été formés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans leurs pratiques professionnelles. La cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de l’ambassadrice Fatima Alfeine, officière permanente de liaison de la COI.


Après trois sessions consacrées à la prévention des crises, à la couverture électorale et à la couverture des travaux parlementaires, la Commission de l'océan Indien a bouclé son programme par un thème d'actualité : l'utilisation éthique de l'intelligence artificielle au service des médias. Pendant cinq jours, du 19 au 23 octobre, les journalistes ont alterné théorie et pratique dans une salle de formation à Moroni. L'objectif n'était pas de former des spécialistes de l'IA en une semaine, mais de donner le déclic, les bonnes pratiques et les garde-fous nécessaires à l'heure où la désinformation générée par l'IA menace la crédibilité de la presse. Pour encadrer cette session, deux experts étaient mobilisés. Jean-Luc Mootoosamy, expert média de la COI pour le projet Gouvernance, Paix et Stabilité, rappelle le sens de cette démarche. 

 

« C'était la dernière formation d'une série que nous donnons ici aux Comores. Cette dernière était consacrée à l'utilisation éthique de l'intelligence artificielle. Comment l'IA peut être utile au journaliste et comment les journalistes peuvent mettre l'intelligence artificielle au service des médias et donc au service des populations. » Un constat qu'il partage avec le formateur principal, Stéphane Rabut. Pour lui, l'enjeu est clair.  « Mon objectif en venant à Moroni, était de former 12 journalistes comoriens à l'intelligence artificielle pour qu'ils repartent avec de bonnes pratiques, afin d'améliorer leurs pratiques journalistiques dans leurs journaux, leurs télés et leurs radios. Je pense que c'est un premier pas. On a ouvert les pistes. Maintenant, c'est aux journalistes de prendre les outils en main et de tester en conditions réelles ce qui va leur permettre d'avancer et de gagner du temps. »

 

Les deux formateurs saluent l'engagement des participants. Dans un contexte où les rédactions comoriennes fonctionnent avec peu de moyens et peu de personnel, libérer un journaliste pour cinq jours entiers relève déjà d'un effort. Jean-Luc Mootoosamy insiste, « ils ont été présents, et c'est déjà très bien. Avoir des journalistes qui font l'effort d'être là tous les jours, c'est un luxe. Et c'est grâce à leurs directeurs de médias qui ont accepté de les libérer. C'était un groupe à l'écoute, qui a appris, qui a posé des questions et qui a appliqué. » Même impression pour Stéphane Rabut, qui a trouvé une salle « curieuse ». « Ce ne sont pas des journalistes qui subissaient un discours descendant. J'ai pu vraiment échanger avec eux. J'ai vu des réalisations concrètes le dernier jour, quand ils ont produit. Ça fait toujours plaisir de les voir mettre en œuvre ce qu'on a appris. Je repars content. »

Mais au-delà de l'enthousiasme pour les nouveaux outils, les formateurs ont voulu ramener les participants aux fondamentaux. Un message martelé tout au long de la semaine : l'IA ne remplacera jamais le travail journalistique de base. Côté participants, le message semble être passé. Venu d'Anjouan pour l'occasion, Lame-lame Chafaoune Houmadi, journaliste à la Radio Domoni Inter, retient une leçon essentielle. « L'IA est là pour nous aider, pas pour nous rendre paresseux. Maintenant, on a des idées sur comment l'utiliser et sur quelle utilité elle peut avoir pour faciliter nos tâches. »

Pour Ali Saïd, journaliste de la presse écrite Al-Fajr, la formation lui a surtout permis de mieux comprendre la complexité de l'écosystème IA. « J'ai appris à bien utiliser l’intelligence artificielle.  Certaines sont bien maniables et constructives, d'autres peuvent nous conduire en erreur. Mais la chose la plus importante que j'ai apprise, c'est que c'est nous qui sommes les maîtres de l'IA. C'est nous qui pouvons les conduire sur la bonne voie ou les conduire en erreur ». « Cinq jours ne font pas des experts », conclut Jean-Luc Mootoosamy, mais « ils mettent le pied à l’étrier. »

El-Aniou Fatima

 

 


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