La Gazette

des Comores

L’immolation d’animaux le jour de l'Aïd El-Kabir, entre tradition et religion

L’immolation d’animaux le jour de l'Aïd El-Kabir, entre tradition et religion © : HZK-LGDC

Contrairement au jour de l'ascension (Miraj) où les vaches sont égorgées dans tous les coins des villes et villages, le jour de l’Aïd El-Kabir, l’immolation des animaux est restée une affaire des associations et ONGs du moins ici à Mohéli. Peu de gens accomplissent ce rite surérogatoire pourtant très recommandé en ce jour de la plus grande fête des musulmans.


À l'occasion de l'Aïd El-kabir célébrée aux Comores le mercredi dernier, des vaches sont sacrifiées dans certains endroits à Mohéli mais le constat est que ce sont des ONGs ou des structures de bienfaisance qui s'en occupent. Visiblement, les foyers ne donnent pas plus d’importance à ce sacrifice d’animaux en ce jour de l’Aïd  El-Kabir à comparer avec le jour de l'ascension où avoir de la viande est obligatoire dans presque tous les foyers. Pourtant, le sacrifice d’un animal le jour de la plus grande fête des musulmans est fortement recommandé en l’honneur de la mise à l’épreuve de la foi du prophète Ibrahim (paix à son âme) à l’égard de son fils.

Chaque année, certaines associations profitent de cette journée pour aider les orphelins. Cette année, l'association de bienfaisance Al Imane à travers leur projet « sacrifice adha » financé par le Croissant rouge des Emirats arabes unis ont égorgé des vaches dont la viande a été  distribuée aux personnes les plus démunies mais aussi aux orphelins. Plus de 20 orphelins de l’île ont reçu chacun un tas de viande de 1,5kg chacun.

L’association uzuri wa dini au quartier de Comotel à Fomboni a, quant à elle, donné à 24 orphelins des kits alimentaires composés de riz et autres produits vivriers accompagnés de viande fraiche. « Aider un orphelin est un acte très recommandé dans l'islam. Mais malheureusement à Mohéli rien que le jour de miradj on a égorgé plus de 100 bœufs dans l'ensemble de l'ile. Et le jour de l’Aïd El Kabir peu de gens ont fait le sacrifice chez eux, ce qui devait être le contraire », précise le représentant de l'association uzuri wa dini.

« La fête du sacrifice, est parmi les fêtes les plus importantes du calendrier islamique. Cette célébration s’appelle ainsi car elle commémore la soumission d’Abraham à Dieu sur son fils », explique le Nidhoimi Madi, le cadi de Mohéli. « C’est pour cette raison que les croyants commémorent généralement cet évènement en sacrifiant un animal tel qu’un mouton, une chèvre ou une vache. Mais malheureusement, Moheli c'est le contraire, le jour du Miradj on sacrifie plus d’animaux que le jour de l'ile el kabir », regrette  le cadi qui reconnaît qu’il y'a des gens qui égorgent des chèvres chez eux, mais ils sont relativement nombreux. Décidément, les pratiques traditionnelles comoriennes prennent le dessus sur les recommandations religieuses.

Riwad

 


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