L’Institut de recherche et d’exploitation du sous-sol des Comores (IREX) a tenu une conférence de presse, ce jeudi 3 septembre, au CASM de Moroni. À travers cette rencontre, les responsables de l’institut souhaitent contribuer à l’instauration d’un climat de confiance, notamment en proposant l’élaboration d’une charte de bonne gouvernance des activités pétrolières aux Comores, fondée sur le respect des lois.
Première association à avoir sensibilisé et interpellé le gouvernement sur la possibilité de l’existence de ressources pétrolières dans le pays, l’IREX est sorti de son silence pour faire le point sur la situation du secteur pétrolier aux Comores. « Les activités pétrolières aux Comores ont commencé par la signature d’une convention de prospection entre la société américaine GX Technology, basée à Houston, et l’État comorien, représenté par son vice-président chargé de l’Énergie, M. Idi Nadhoim, le 10 juillet 2007 », a rappelé Saïd Mohamed Abdou Soimadou, président de l’IREX. Selon lui, à la suite de cette signature, un programme d’étude géosismique intitulé « Africa Span » a été réalisé en 2011 et 2014 pour collecter des données géosismiques sur 2 000 kilomètres linéaires. Le 6 février 2013, le Code pétrolier a été promulgué par décret présidentiel et est entré en vigueur le 7 mars 2013.
Aujourd’hui, l’IREX constate que les activités pétrolières sont à l’arrêt et gelées. « Pourtant, avec 40 blocs, et en raison de trois blocs maximum par contrat, les Comores devraient abriter une dizaine de compagnies pétrolières pour l’exploitation de ces gisements d’hydrocarbures, qui sont de classe et de quantité mondiales », a déclaré le président de l’institut. Pour l’IREX, l’exploitation de ces ressources pourrait avoir plusieurs retombées positives, notamment la réduction du chômage, particulièrement chez les jeunes, la promotion d’opérateurs économiques nationaux dans le cadre de la législation sur le contenu local, ainsi que l’arrivée de plusieurs investisseurs étrangers dans différents secteurs de l’économie. Les conférenciers ont également indiqué avoir pris connaissance d’un article paru dans Al-Watwan le 2 avril 2026. Ils y ont appris que le Conseil des ministres du 1er avril avait donné son approbation pour l’exploitation des blocs pétroliers comoriens et qu’une société canadienne dénommée Colossal Energy avait été retenue pour trois blocs.
« Au cours de notre investigation, nous avons pu mettre en évidence un enjeu majeur : l’accès limité aux informations relatives à l’état d’avancement des dossiers des entreprises ayant soumis leurs demandes, aux critères de sélection appliqués, ainsi qu’au calendrier de traitement, d’approbation ou de rejet des candidatures », déplore le président de l’IREX. Face à cette situation, l’IREX formule plusieurs propositions. « La création d’un ministère des Hydrocarbures distinct du ministère de l’Énergie apparaît indispensable afin de rationaliser et de fluidifier les procédures administratives liées aux investissements dans le secteur, tout en renforçant le cadre de régulation, de contrôle et de supervision des entreprises pétrolières opérant dans le pays », a expliqué Saïd Mohamed Abdou Soimadou.
L’institut propose la création d’une société nationale d’exploitation des hydrocarbures, qui pourrait être dénommée « PETROCOM ». Le président de l’IREX appelle les autorités compétentes à traiter ce dossier avec diligence, dans le strict respect des lois de la République et dans l’intérêt supérieur du développement économique du pays. Pour l’IREX, le partage d’informations constitue un élément essentiel pour garantir la transparence et la crédibilité du processus d’octroi des licences pétrolières. « Nous n’avons pas pour objectif d’alimenter la polémique, mais de contribuer à un climat de confiance, en proposant l’élaboration d’une charte de bonne gouvernance des activités pétrolières aux Comores, fondée sur le respect des lois, l’impartialité et la transparence, ainsi que sur la sécurité juridique, fiscale et financière, afin de favoriser l’attractivité des investissements stratégiques et durables au bénéfice de l’État et du peuple comorien », a conclu le président de l’IREX.
Nassuf Ben Amad
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