À Mohéli, le quartier de Mabahoni – Fomboni franchit un nouveau cap dans la protection de ses ressources marines. La signature d’un accord de cogestion, le 22 avril 2026, consacre une gouvernance partagée entre autorités et communautés locales, avec en ligne de mire une exploitation durable et responsable du littoral.
Le 22 avril 2026 marque une étape importante pour Mabahoni à Fomboni. Le quartier a signé un accord de cogestion des ressources marines et côtières, une initiative qui s’inscrit dans une volonté affirmée de préserver durablement le littoral de Mohéli tout en impliquant directement les populations concernées. Portée par le projet ReSea (Paysages marins régénérateurs pour les peuples, le climat et la nature), cette activité bénéficie du financement d’Affaires mondiales Canada. Elle est mise en œuvre par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), en collaboration avec le gouvernorat de Mohéli et le ministère de l’Environnement. La cérémonie, marquée par une forte mobilisation locale, a réuni autorités communales, chefs de quartier, notables, représentants associatifs et pêcheurs. Cette participation traduit une prise de conscience collective face à la dégradation progressive des ressources marines et à l’urgence d’agir de manière concertée.
Au cœur de cet accord se trouve le principe de cogestion, qui instaure un partage des responsabilités entre les autorités et les usagers. Les pêcheurs, en première ligne, sont désormais appelés à jouer un rôle clé dans l’application et le respect des mesures adoptées. Pour Saïd Attoumani Bacari, consultant impliqué dans le processus, cette démarche constitue un tournant dans la gestion des ressources naturelles à Mohéli. « La cogestion dépasse le simple cadre technique. Elle place la communauté au centre des décisions », explique-t-il. Sur le terrain, les acteurs saluent cette avancée. Un pêcheur de Mabahoni, fort de plus de trois décennies d’expérience, souligne l’évolution du secteur : « Après 32 ans de métier, je constate un réel changement. Cette initiative représente une opportunité pour nous et pour les générations futures. »
L’accord vise à encadrer l’exploitation des ressources marines afin de lutter contre la surexploitation et de protéger des écosystèmes fragiles, notamment les récifs coralliens et les herbiers marins. À plus long terme, il ambitionne de garantir des moyens de subsistance durables pour les communautés dépendantes de la pêche artisanale. Parmi les actions prévues figurent des campagnes de sensibilisation, la mise en place de dispositifs de surveillance communautaire, la promotion de pratiques de pêche responsables ainsi que des formations à destination des pêcheurs. Au-delà de sa portée administrative, l’accord symbolise un engagement collectif fort et ouvre la voie à une nouvelle dynamique, où la préservation du milieu marin devient une responsabilité partagée entre tous les acteurs.
Riwad
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