Les coupures d’électricité se multiplient à Moroni. Certains bateaux sont immobilisés à quai faute de carburant. Des passagers restent bloqués entre les îles. Dans la capitale, des taximen passent des heures aux stations-service, sans activité. La pénurie de carburant, qui frappe l’archipel depuis plusieurs semaines, ralentit progressivement l’ensemble de l’économie.
La crise a commencé à Moroni à la fin du mois dernier, avec des stations-service prises d’assaut et des files d’attente interminables devant les rares stations encore approvisionnées. Dans le même temps, les coupures d’électricité se sont intensifiées. Avec des bateaux immobilisés et des taxis contraints à l’arrêt, les liaisons inter-îles et l’activité économique enregistrent un net ralentissement. Sur le plan maritime, la situation est particulièrement tendue. Plusieurs navires ont annulé leurs rotations ces derniers jours en raison du manque de carburant. Des centaines de passagers se retrouvent bloqués, l’avion devenant souvent la seule alternative pour rejoindre rapidement leur destination.
« Nous étions partis en groupe à Anjouan, le 17 juin, par bateau. Je devais rentrer à Ngazidja le 24 juin. Mais le bateau Yamela a annulé sa traversée faute de carburant. Nous sommes tous restés bloqués sur place. J’ai dû appeler ma famille pour qu’elle m’envoie de l’argent afin de prendre l’avion et rentrer à Ngazidja », témoigne Mahamoud Ali Saïd. Selon lui, dans la nuit du mardi 23 juin, la direction de la compagnie maritime a informé les passagers que le bateau était immobilisé au port de Moroni en raison de la pénurie de carburant, rendant impossible toute traversée vers Anjouan. Le navire devait transporter plus de 150 passagers à destination d’Anjouan et de Mohéli.
« Deux personnes de notre groupe n’ont pas pu rentrer avec nous. Faute de moyens financiers, elles sont toujours bloquées à Anjouan », ajoute-t-il. L’annulation a ainsi bouleversé les projets de nombreux voyageurs. Du côté des transports urbains, la pénurie complique également le quotidien des chauffeurs. Faute de carburant, de nombreux taximen passent des heures, parfois jusqu’à deux jours, devant les stations-service dans l’espoir de faire le plein, au détriment de leurs revenus. « Je reste bloqué à la station, parfois quarante-huit heures, juste pour obtenir du carburant. Pendant ce temps, je ne travaille plus. Ce sont deux jours de recettes perdus », explique un chauffeur de la ligne Moroni-Mdé. Selon lui cette attente réduit considérablement ses revenus quotidiens, alors que les dépenses fixes, elles, continuent de s’accumuler.
Pour l’heure, les coupures d’électricité et la pénurie de carburant continuent de perturber le commerce, les transports et les déplacements entre les îles. Entre les passagers bloqués et les chauffeurs immobilisés, la crise pèse directement sur l’activité économique de l’ensemble de l’archipel. Quand le carburant manque, ce n’est pas seulement une pompe qui s’arrête : c’est toute une économie qui ralentit. Un pétrolier était attendu en début de soirée, hier dimanche, selon une source de la SCH.
El Aniou Fatima
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