Le 1er février marque un an après la mort atroce de Hikmat Ahamada Soihibou, la ville de Mbeni a marqué l’anniversaire de ce drame qui a profondément choqué la nation. À travers une cérémonie de recueillement organisée avec la famille de la défunte, prières, témoignages et plaidoyers ont ravivé la mémoire d’un crime encore loin d’avoir livré toute sa vérité.
Le 1er février 2026 a marqué exactement une année depuis la mort tragique de Mademoiselle Hikama, survenue dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2025. À cette occasion douloureuse, la ville de Mbeni, en collaboration avec la famille de la défunte, a organisé dimanche 1er février une cérémonie de recueillement et de prière, réunissant de nombreux habitants, des notables et chef religieux du pays en présence des avocats de la victime. Dans une atmosphère empreinte d’émotion, la cérémonie a débuté par la lecture collective de la sourate Yassine. Un moment de silence et de recueillement qui, selon les organisateurs, vise à rappeler que « la douleur demeure vivante » un an après les faits. Plusieurs discours ont ensuite été prononcés.
Oustadh Said Ahamed Mouhydine est revenu longuement sur les circonstances du drame. « Il faut retenir la date selon le calendrier lunaire et non celle héritée de la France », affirme-t-il, rappelant que l’islam accorde une importance particulière au temps sacré. Pour lui, la commémoration ne saurait être une simple formalité annuelle. Dans un ton ferme, il insiste sur la nécessité de justice. « Le jour où l’auteur de cet acte, et tous les criminels de ce pays, seront exécutés, sera le véritable jour de célébration du premier anniversaire », déclare-t-il, avant d’ajouter : « Nous sommes ici aujourd’hui pour rappeler au monde que nous continuons de pleurer notre fille. » Selon lui, l’affaire Hikmat dépasse largement le cadre familial ou local. « C’est un drame national », affirme-t-il, estimant que depuis près de vingt ans, des morts surviennent dans des conditions anormales sans réponses claires. « Il est temps que l’État trouve une solution durable », soutient-il.
Après la cérémonie religieuse, une conférence-débat s’est tenue, animée par les avocats de la famille, en présence notamment du Dr Rasfandjani. L’un des avocats, Me Fahardine, a tenu à clarifier la situation judiciaire. « Il est vrai que Mikiro [le meurtrier] a été jugé et condamné à la peine de mort », précise-t-il, avant de nuancer : « Mais pour nous, le dossier n’est pas clos. » Selon lui, des zones d’ombre persistent. « Tout le monde est convaincu qu’il n’a pas agi seul », affirme-t-il, ajoutant que l’accusé « a tenté de persister en signant qu’il était l’unique auteur ». Un appel est alors lancé. « Nous appelons toute personne détenant un indice susceptible de faire avancer le débat à nous contacter », lance-t-il.
Pour rappel, dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2025, Hikmat a trouvé la mort dans des circonstances qualifiées d’atroces, un crime qui a bouleversé l’opinion publique. Son corps a été retrouvé dans un fût alors qu’elle devait rentrer à Mbeni avec de l’argent retiré dans une banque de Moroni. Lors du procès, au mois juillet dernier, la condamnation de Mikiro n’a pas suffi à apaiser les doutes ni la douleur collective. En clôture, Oustadh Said Ahamed Mouhydine a formulé une prière. « Puisse émerger une génération qui héritera des bons comportements et des valeurs de Hikmat », invoque-t-il, laissant à la mémoire et à la justice le soin de poursuivre leur chemin.
Ibnou M. Abdou
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