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des Comores

Médias / Une série d’atteintes à la liberté de presse

Médias / Une série d’atteintes à la liberté de presse © : HZK-LGDC

2018 a été une année difficile pour les médias. Une année marquée par des menaces, des suspensions, des licenciements, voire même des menaces de poursuites judiciaires pour la presse. On peut noter le licenciement de la journaliste Faiza Soule Youssouf, la gifle infligée au journaliste Abdérémane par un membre des forces de l’ordre ou encore les menaces du ministre de la Justice de poursuivre votre journal pour sa UNE sur le procès de la tentative de Coup d’Etat en début décembre dernier.


La liberté de la presse a connu en 2018 une série d’atteintes qui méritent d’âtre rappelé. Outre les menaces du ministre de l’intérieur en charge de l’information envers les journalistes, l’année a été marquée par des licenciements, des suspensions et des menaces de poursuite pour les médias. On commencera par citer le cas de notre consoeur Faiza Soulé Youssouf, journaliste à Al-Watwan, licenciée en aout dernier par son directeur général, Maoulida Mbae. Les motifs évoqués étaient « faute lourde, incitation à la rébellion des journalistes et abandon de poste ». Avant de la licencier, le patron de la maison lui avait retiré son badge lors du référendum du 30 juillet dernier. Un licenciement qui a été vivement contesté par l’ensemble des journalistes qui ont montré leur solidarité envers la journaliste. Le licenciement de Faiza était suivi par le licenciement d’Abdallah Mzembaba, toujours à Al Watwan, pour « faute lourde, manquements à ses obligations de travail et désaccord avec la hiérarchie ».


Fermeture de l’ORTN


Après la fermeture de la Radio et Télévision d’Anjouan, le ministre de l’intérieur en charge de l’information a procédé à la fermeture de l’Office de Radio et de Télévision de Ngazidja (ORTN). Cette dernière avait commencé par des disputes internes entre Abdallah Ahamada promu directeur des programmes et Nadjimedine Oumouri Ahmed, directeur de la télévision. Après une ouverture temporaire de la station, celle-ci a de nouveau été fermée par le ministère en charge de l’information. Au dernier trimestre de l’année 2018, le journaliste Abédéramane Abdou, alors journaliste de Hayba Fm, a été giflé par un membre des forces de l’ordre à la justice pour avoir fait son travail. Quelques jours après, le gendarme en question s’est excusé. Mais tout cela montre encore une fois l’acharnement sur les journalistes.


Menace de poursuite contre La Gazette pour « outrage à la justice »


Au mois de décembre dernier a eu lieu les procès de la Cour de Sureté de l’Etat. Sept dossiers étaient en lice dont celui de la tentative de Coup d’Etat. Après le verdict de cette Cour sans avocats ni possibilité d’aucun recours, le vice-président Djaffar Ahmed, l’écrivain SAST, l’avocat Bahassane Ahmed et le commandant Faicoil étaient condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Après le verdict, le quotidien La Gazette des Comores avait titré « Le Verdict de la Honte ». Suite à cela, le ministre de la justice Mohamed Ousseine a menacé de poursuivre le journal pour « outrage à la justice » pour cette UNE. Le dernier événement de l’année n’est que l’expulsion dans une réunion des notables d’Abouhariat Said Abdallah, journaliste du quotidien de l'Etat, Al-watwan au motif qu'elle est une femme. Une telle discrimination est une atteinte à l’égalité, un coup porté au genre et surtout un déni de l’exercice de la profession. Les journalistes comoriens ont condamné fermement l'exclusion de leur consœur. Ils ont exhorté le président de la République, garant de la constitution, laquelle dispose que tous les Comoriens sont égaux, à prendre les dispositions idoines afin que pareille discrimination ne se reproduise dans le pays.


Rassemblés par Kamal Gamal et Nassuf Ben Amad

 


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