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Médias d’Etat: Attentes insatisfaites des journalistes d’Alwatwan

Médias d’Etat:  Attentes insatisfaites des journalistes d’Alwatwan © : HZK-LGDC

L’élection d’Abouhariat Said Abdallah en tant que rédactrice en chef du quotidien Al-watwan ne répond qu’à une partie des revendications des journalistes dont la principale doléance reste le remplacement du secrétaire rédaction. Le Syndicat national des journalistes qui fait la médiation entre la rédaction et la direction, a recommandé à cette dernière de trouver une « solution rapide pour mettre fin à la crise ».


La semaine dernière, les journalistes d’Al-watwan étaient appelés à choisir par la voie des urnes leur nouveau rédacteur en chef, après que Abdallah Mzembaba, élu en août 2020, a rendu son tablier depuis le mois de mai dernier. Candidate unique, Abouharia Said Abdallah est devenue la nouvelle patronne de la rédaction du journal de l’État. Si cette élection répond à une des revendications des journalistes, ce n’est pas pour autant qu’ils vont se calmer. Pas avant le remplacement du secrétaire de rédaction.

 

« La rédaction travaille dans des conditions particulières depuis quelques temps, notamment ses nouveaux horaires de services. Il y a un manque de coordination et d'organisation entre la rédaction et le secrétariat de rédaction », concède le journaliste Eli Djouma. Si celui qui a eu à assurer le poste de rédacteur en chef pendant la période intérimaire ménage plus ou moins la nouvelle patronne en l’accordant le bénéfice du doute quant à la réussite dans ses missions, son prédécesseur Abdallah Mzembaba n’y va pas avec le dos de la cuiller.

 

« La nouvelle rédactrice en chef a été effectivement élue par la majorité. Seulement, il y a un élément à prendre en compte : les 9 voix « nul ». Neuf personnes de la rédaction ont choisi le néant plutôt qu'elle, en signe de sanction pour les avoir trahies. 9 nuls à Al-watwan c'est beaucoup et inédit ». De quelle trahison s’agit-il ? M. Abdallah explique : « Tous les journalistes qui auraient pu briguer le poste de rédacteur en chef ont signé une lettre annonçant qu'ils ne seront candidats à aucune élection si le secrétaire de rédaction qui représente le nœud gordien de la crise est maintenu. La nouvelle rédactrice en chef avait approuvé notre démarche avant de se rétracter ». Ce que corrobore la lettre dont nous nous sommes procuré copie.

 

C’est peu dire que les journalistes d’Al-watwan sont loin de désarmer en dépit de l’élection d’une nouvelle rédactrice en chef. Le Syndicat national des journalistes saisi par le mouvement contestataire, salue l’élection et reconnait que l’élection d’une nouvelle rédactrice en chef est « un pas de plus pour la résolution de la crise entre la rédaction et la direction ». Pour le reste, le Syndicat a choisi son camp : « Le Snjc soutient la rédaction d'Al-watwan et demande à la direction de chercher de solution rapide pour mettre fin à la crise qui secoue le journal et permettre aux journalistes de travailler librement », déclare son président Chamsoudine Said Mhadjou, interrogé par nos soins. Sans ambages, il conclut : « Nous allons jouer notre rôle de défenseur des journalistes ».

 

Que les journalistes et le Syndicat restent vent debout contre le maintien du secrétaire de rédaction, le directeur d’Al-watwan ne compte pas céder de sitôt. Disant s’en tenir au code de travail et au règlement intérieur du canard qu’il dirige depuis maintenant trois ans, Maoulida Mbae montre que « ce n’est pas du jour au lendemain » que les contestataires vont obtenir gain de cause. Ceci étant, celui qui est accusé d’« avoir sciemment dépouillé les compétences de la rédaction en chef pour les conférer au secrétariat de rédaction », ne ferme pas définitivement sa porte mais, « on ne peut pas venir me demander de licencier un employé et répondre sur-le-champ ». Espérons, en attendant, que Mme Abouhariat réussira là où trois de ses prédécesseurs directs ont dû se résoudre à jeter l’éponge.

 

Kamal Gamal

 


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