La Gazette

des Comores

Notre journaliste Andjouza empêchée d’accéder au Palais de justice à cause de son pantalon

Notre journaliste Andjouza empêchée d’accéder au Palais de justice à cause de son pantalon © : HZK-LGDC

Le président du Syndicat national des journalistes dit condamner « avec la plus grande fermeté » la décision du vigile du palais de justice, et appelle le Parquet ou le Tribunal à présenter des excuses comme « aucun texte ne parle du mode vestimentaire de la femme ». 


Andjouza a été désignée par la Rédaction pour couvrir le procès d’une affaire qui intéresse le journal. À son arrivée au portail du Palais de justice de Moroni, hier matin, un vigile lui a annoncé qu’elle ne pouvait pas entrer au motif qu’«[elle] portait un pantalon ». « Un autre vigile m’a demandé d’aller me changer et revenir », témoigne Andjouza, sous le choc. Cette énième atteinte à la liberté est dénoncée par les professionnels. Le président du Syndicat des journalistes Chamsoudine Said Mhadji dit « condamner avec la plus grande fermeté » la décision du vigile du palais de justice, et appelle le parquet ou le tribunal à « présenter des excuses comme aucun texte ne parle du mode vestimentaire de la femme ».

 

La section comorienne de l’Union internationale de la presse francophone n’est pas en reste. Son président Toufé Maecha estime pour sa part que « nos institutions, au premier rang desquelles le Judiciaire, se doivent d’être des vecteurs de transmission des valeurs républicaines qui priment sur les autres valeurs religieuses et coutumières, pour que notre République puisse enfin se porter à merveille ». « Si l'agent connaissait au moins ses missions, une telle bévue serait évitée. Par ailleurs, j'ose espérer que la Rédaction de La Gazette et le Syndicat des journalistes ont saisi le ministère de la justice et le tribunal de Moroni pour dénoncer cette atteinte à la liberté », réagit Idjabou Bakari, ancien directeur de publication de Masiwa.

 

Pour Ali Moindjié, président du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel, les violences psychologiques à l'encontre des femmes journalistes « ne sont pas acceptables et doivent être condamnées avec fermeté ». Il poursuit : « Il n'existe aucune loi dans ce pays interdisant aux femmes de porter un pantalon. Rien, absolument rien, ne fonde une telle mesure. Les femmes journalistes ont le droit constitutionnel d'aller et venir sans restriction et d'accéder aux lieux publics. Les pantalons des femmes ne font pas partie des problèmes à résoudre au regard des lois qui régissent ce pays et des traités internationaux qui nous lient ».

 

Pour rappel, en octobre 2020, une journaliste d’Al-watwan était refoulée de la Cour suprême pour sa minijupe. Ayant réalisé que cette décision unilatérale d’un agent n’avait aucune base légale, la plus haute juridiction a dans les heures qui ont suivi la bévue présenté ses excuses les plus plates à la Rédaction d’Al-watwan.

 

Nassuf Ben Ahmad

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.