Monsieur Hassane Bounou, qui a tiré sa révérence vendredi dernier, n’était pas un inconnu pour La Gazette des Comores. C’était un voisin et surtout, un lecteur matinal assidu. Mais derrière ce vieux monsieur se cachait un éducateur d’exception reconnu par plusieurs générations.
En effet, il y a près de trois décennies, le milieu du secrétariat de bureau a vécu une révolution avec le passage de la machine à écrire (machine dite aussi à taper) à l’ordinateur actuel. La machine à écrire est un dispositif mécanographique permettant de produire des documents en imprimant des caractères. La dactylographie englobe également l'acte de saisir un texte sur un clavier. Celui qui maîtrise cette technique est appelé dactylographe. Hassane Bounou était un des virtuoses de la dactylographie dans l’archipel des Comores. Il a débuté en tant que dactylographe avant de consacrer de longues années à l'enseignement, formant un nombre incalculable de secrétaires de bureau et d’administrateurs des quatre coins des Comores.
Né à Moroni le 9 février 1947 dans le quartier de Badjanani, le jeune Hassane Bounou fréquenta l’école primaire de Moroni. Il était en classe de Cours Moyen1 (CM1) quand il quitta les Comores pour rejoindre son oncle commerçant à Madagascar. Il est admis au concours d’entrée au Collège Technique de Majunga pour suivre une formation d’agent administratif, comptabilité, secrétariat tachygraphe et sténographe (1964 à 1966). Il obtient alors son Brevet d’enseignement professionnel section Administration et financière. Après ses études à Madagascar, Hassane Bounou regagne Moroni et obtient un stage de perfectionnement aux Services des Domaines. Brillant stagiaire, il va rapidement gravir les échelons de l’administration publique sous l’Autonomie Interne.
Il est nommé au Greffe de Moroni, puis devient comptable à la Garde des Comores où il officiera 7 années durant. Après le coup d’État d’Ali Soilihi Mtsashiwa et l’instauration du régime révolutionnaire, il sera affecté comme Chef Administratif et Financer au ministère de la santé (1977-1978). Après le retour du président Ahmed Abdallah Abdérémane, il occupera le poste de comptable à la présidence de la République (1979 à 1980). À partir de 1980, Hassani Bounou quitte ses fonctions administratives pour prendre la formation en technique de bureau au SERFOP (Service de Formation Professionnelle) dont le siège est resté longtemps à Moroni-Djivani. Il a assuré des cours aux élèves de seconde G au Lycée Said Mohamed Cheikh. Et dispensait aussi des cours aux étudiants de l’École Nationale d’Enseignement Supérieur (ENES) de Mvouni puis à l’École Nationale d’Administration et de Commerce (ENAC)
Hassane Bounou était aussi un talentueux artiste. Dans sa jeunesse, il a laissé une empreinte indélébile dans la scène musicale du twarab aux Comores. Parolier et excellent chanteur, il a fait vibrer les cœurs de la jeune génération des années 60-70. Sa chanson mythique « Paulette » est toujours fredonnée, particulièrement chez les personnes âgées de cinquante, soixante et soixante-dix ans. Il a été au firmament des hits parades des twarab dans l’archipel. Hassane Bounou est par ailleurs, l’auteur de « Uwade Rowoha » et de « Gawuni la veri », des titres qui ont remporté un grand succès et lui ont conféré une certaine notoriété dans l’archipel. Autre corde à son arc, Hassane Bounou était un sportif reconnu et respecté. Il fut l'un des fondateurs de l’équipe « Papillon Bleu » de Moroni. Grâce à son sens des relations et de l'amitié, il s'était constitué un vaste réseau de connaissances à travers tout le pays.
Hassane Bounou était père de 6 enfants. Mgu namrehemu yamlaze pvema.
Mmagaza (Source Dr Ouledi Ahmed)
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