Le colonel Abdourazakou Abdoulhamid, ancien président de la Cour constitutionnelle, est de décédé à l’âge de 84 ans dans sa maison de Zilimadju à Moroni. Ses obsèques se sont déroulées hier jeudi 11 décembre à Kwambani dans le Washili en présence des plus hautes autorités de l’Etat, dont le président de la République, qui a dirigé la prière mortuaire.
Le grand notable Ibrahima Cheha a brossé un tableau de l’illustre disparu, rappelant que l’homme est issu d’une grande lignée de serviteurs de la nation. Le directeur de cabinet du président, chargé de la défense Youssouf Mohamed « Belou » a, dans son allocution, insistée sur le rôle du défunt dans la création de la gendarmerie nationale. En effet, le colonel Abdourazakou, a son nom intimement lié à la genèse de la gendarmerie nationale post indépendance dès 1978. En effet, il a pris une part active dans tout le processus ayant abouti à la forme actuelle de notre gendarmerie. En 1991 après sa retraite, il s’était lancé dans la politique et avait été candidat à l’élection présidentielle de 1996. De 2007 à 2011 après avoir présidé la cour constitutionnelle, il avait quitté définitivement la scène publique. Cependant sa maison était demeuré un lieu ouvert pour tous ceux qui avait besoin de ses lumières pour sa vie passée.
L’’historien Nakidine Mattoir qui l’a rencontré, rapporte que parmi les évènements qui l’ont marqué dans sa vie professionnelle, la création de la Gendarmerie national fut sa grande fierté. « En effet, avec l’aide de la coopération française, il a bâti cette institution forte, fiable. Et sa plus grande satisfaction fut la nuit du 27 novembre 1989, quand cette jeune gendarmerie a tenu tête, symboliquement mais héroïquement, aux mercenaires de Bob Denard. Pour lui, c’était la preuve qu’il avait réussi à former des hommes qui incarnaient la résistance de l’État légal ».
L’autre élément retenu par Nakidine est son « refus du pouvoir suprême. L’anecdote peut-être la plus édifiante sur son sens du devoir. À la mort du président Ahmed Abdallah, une proposition lui fut faite – par Denard, avec probablement l’assentiment de Paris – de devenir président de la République. Il a refusé. Par principe. Par loyauté envers la mémoire du président défunt et, surtout, par loyauté envers les Comores. Un choix qui dessine en creux le portrait d’un homme pour qui l’ambition personnelle ne primait pas sur l’honneur et la patrie ».
L’hommage qui a été rendu au colonel Abdourazakou, montre une fois de plus que la nation sait être reconnaissante à ceux qui l’ont servi avec abnégation, passion et loyauté. Il convient de rappeler que le lieutenant-colonel Abdourazakou Abdoulhamid a été élevé à la dignité de Grand-croix de l’Ordre de l’Étoile d’Anjouan et de Grand-croix de l’Ordre du Croissant Vert des Comores. Il était père de 12 enfants dont cinq filles, comme l’a rappelé le journal Alwatwan.
Mmagaza
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