À Mohéli, plusieurs commerçants attendent toujours la livraison du riz commandé auprès de l’Office national d’importation et de commercialisation du riz (ONICOR) depuis près de deux ans. Pendant que certains clients de Ngazidja auraient commencé à recevoir une partie de leur marchandise, sur l’île de Mwali l’impatience grandit. Entre prêts bancaires à rembourser, explications jugées peu convaincantes et rumeurs d’une nouvelle cargaison destinée à d’autres clients, la colère monte chez ces opérateurs économiques qui dénoncent une situation devenue, selon eux, incompréhensible.
À Mohéli, le riz de l’ONICOR se serait transformé en mirage. Plusieurs commerçants affirment attendre depuis près de deux ans la livraison de centaines de tonnes de riz commandées auprès de la société nationale. Une longue attente qui commence sérieusement à peser sur leurs activités. Selon ces opérateurs économiques, la situation serait différente ailleurs dans l’archipel. À Ngazidja, disent-ils, certains clients auraient déjà reçu plus de la moitié des quantités commandées. Une information qui alimente la frustration à Mwali, où les sacs de riz promis restent introuvables. Pour ces commerçants, l’enjeu n’est pas seulement commercial. Beaucoup expliquent avoir contracté des prêts bancaires afin de financer l’achat de cette marchandise, convaincus qu’ils pourraient rapidement la mettre sur le marché et rembourser leurs dettes. Deux ans plus tard, la marchandise se fait toujours attendre, tandis que les échéances, elles, n’ont jamais pris de retard.
Face à cette situation, plusieurs d’entre eux se sont regroupés au sein d’un collectif informel qu’ils qualifient eux-mêmes de « groupe des indignés ». Leur objectif : faire entendre leur voix et obtenir des explications claires sur le sort de leurs commandes. La tension est montée d’un cran ces derniers jours après l’annonce de l’arrivée prochaine d’une nouvelle cargaison de riz à Mohéli. Selon ces commerçants, cette livraison pourrait être destinée à d’autres clients alors qu’eux-mêmes n’ont toujours pas reçu les quantités commandées depuis des mois, voire des années. Une perspective qui passe très mal. « Nous irons jusqu’au bout », préviennent certains d’entre eux, déterminés à ne pas laisser passer ce qu’ils considèrent comme une injustice.
Du côté des explications avancées par certains responsables de l’ONICOR, plusieurs versions circulent. L’une d’elles évoque une cargaison qui appartiendrait à une banque. Une autre affirme que cette commande aurait été passée sous la direction actuelle, tandis que celles effectuées sous l’ancienne direction devraient suivre un traitement différent. Des arguments qui peinent à convaincre les commerçants concernés. Pour eux, une seule chose compte désormais : recevoir enfin les sacs de riz pour lesquels ils ont déjà engagé leur argent. En attendant, à Mohéli, les jours continuent de passer… et le riz de l’ONICOR reste, pour beaucoup, une promesse qui tarde à se matérialiser.
Riwad
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