L'Association franco-comorienne pour le développement et l'amitié de Mohéli (AFCDAM), ne cesse d’apporter sa pierre à l’édifice. Depuis sa mise en place en 2016 jusqu'à ce jour, cette association intervient dans plusieurs domaines allant de l'éducation, à la santé, en passant par le sport et le développement communautaire. Cependant le coût du transport et fret est trop élevé, en plus des frais de dédouanement et autres taxes qui ont grimpé. Cela complique la tâche des ONG et démotive aussi certaines bonnes volontés. Le président de cette association Djamal-Eddine Issoufa Soufiane a accepté de répondre aux questions de La Gazette des Comores / HZK-Presse.
Question : D'ou vient l'idée de création de cette association ?
Djamal-Eddine Issoufa Soufiane : AFCDAM est une association qui a le statut d'ONG, basée à Bordeaux (France). Il faut savoir que l'AFCDAM n'a pas toujours eu cette appellation. Au départ elle était dénommée MEMF (Mouvement des Etudiants Mohéliens en France). Elle fut créée en 2003 comme son nom l'indique par les étudiants comoriens natifs de Mohéli qui étaient à Bordeaux. Elle nous permettait de nous réunir. Mais comme nous n'étions pas nombreux et que les études ont pris fin pour la plupart, l'association existait mais n'avait plus d'activités. Ce n'est qu'en 2016, quand des amis ont voulu mener des actions sur Moheli, que nous avons jugé utile de changer de nom. Actuellement nous comptons environ 300 membres dont des comoriens et européens venant d'un peu partout en Belgique, USA, Wallis et Futuna.
Question : depuis sa mise en place jusqu'à nos jours vous intervenez dans quel domaine?
D.I.S.: L'association n'a pas de domaine d'intervention particulier pour intervenir. Nous intervenons selon les besoins et les urgences. Ça peut être la santé, l'éducation, le sport, la culture. Notre champ d'action est très large. Parmi les actions qu'on a menées, on peut citer la rénovation de l'école primaire de Kangani et la distribution de fournitures aux élèves. On a également remis plus de 600 tenues de pompiers aux responsables de la sécurité civile pour les distribuer sur l'ensemble du territoire national. On a marqué notre présence pour les victimes du cyclone Kenneth à Moheli. On a été très actifs aussi durant la crise de la Covid-19. Au moment du pic de cette pandémie en janvier 2021 on a appuyé le CHR de Fomboni en matériel médical (masques, blouses, appareils respiratoires).
Question : est-ce que vous intervenez seulement à Mohéli ?
D.I.S.: Comme son nom l'indique, c'est une association franco-comorienne pour le développement et l'amitié de Mohéli. Donc notre cible se focalise à Mohéli mais cela n'empêche pas d'intervenir dans d'autres îles si nécessaire. En dehors de Mohéli on avait assisté les étudiants moheliens de Madagascar et on avait acheminé des médicaments à Anjouan. En plus des actions d'envergure, il y a régulièrement des petites actions comme un don pour la conservation du Ngome (muraille) de Nioumachioi, la distribution de ballons pour les équipes de 2e et 3e divisions, des postes informatiques pour les jeunes d'ASCOBEF. Actuellement nous travaillons pour la mise en place d'une classe numérique à Miringoni en partenariat avec l'association ADC (Agir pour les Comores).
Question : quels sont les obstacles que vous rencontrez ?
D.I.S. : Il faut noter que quand on achemine du matériel aux Comores, on essaye de faire nos actions en toute indépendance en ce qui concerne les démarches administratives. Déjà les exonérations pour les associations n'existent plus aux Comores surtout à Mohéli où chacun se croit supérieur à l'autre, alors que tous nous rêvons pour le développement de cette île. Excepté la période de la crise Covid où tout notre matériel a été exonéré de frais de douane, période durant laquelle on a travaillé avec le directeur de cabinet du ministère de la santé. Bien sûr qu'on aimerait avoir des exonérations au niveau de la douane mais pour cela il nous faudrait un document qui nous octroie ce droit et qui malheureusement n'existe pas pour le moment. Le principal obstacle réside dans les coûts de la logistique depuis son organisation jusqu'au dédouanement. Les coûts de transport sont trop élevés et c'est un véritable frein pour beaucoup d'actions. Il y aussi le problème de l'entreposage et les délais de livraison qui peuvent être très longs surtout en cas de fret maritime.
Question : quel message donneriez-vous aux jeunes ?
D.I.S. : J'aimerais inviter les gens à s'engager dans le milieu associatif. C'est très enrichissant humainement et ça aide à améliorer les choses quel que soit le domaine d'intervention de l'association à laquelle on appartient. Qu'elle soit une association locale ou de la diaspora, il faut penser à agir, c'est le seul moyen d’impulser la dynamique. Il ne faut pas attendre d'avoir une grande action pour agir. Planter un arbre c'est agir, offrir une craie c'est agir même se réunir pour discuter c'est agir.
Propos recueillis par Riwad
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